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JE VIS JE MEURS de Philippe HAURET :

  Comment aborder la soixantaine quand on est veuf, franchement désabusé et que l’existence n’offre plus guère de perspectives se demande Serge en sirotant son verre dans un bar de quartier… La réponse se tient souvent tapie au fond du regard d'une jolie jolie fille, laissant soudain espérer une porte de sortie. D’autant que Janis, la gamine en question, qui est accessoirement serveuse du bar où Serge vient naufrager, se fait régulièrement dérouiller par José son petit ami et dealer à ses heures. Désormais les rêves de Serge ont un sacré problème qui s’appelle José.
De son côté l’inspecteur Mattis ne va pas bien non plus. Son cocktail à lui est détonant et pas très recommandable pour un flic : divorce, alcoolisme et dettes de jeux. Sa carte de police ne semble plus vraiment le protéger de grand chose et il voit les nuages s’accumuler à l’horizon quand il croise lui aussi la trajectoire mauvaise de José.
Le patron du bar à hôtesses de la rue Fontaine à Pigalle, où Mattis termine généralement ses journées, se plaint de la conjoncture. Les clients se font rares, ils préfèrent boire chez eux et mater du porno sur internet. Visiblement les traditions qui faisaient la réputation du quartier se perdent. Reste que Mattis lui doit une sacrée ardoise et il craint de voir tous ses problèmes se régler avec un final entre quatre planches. En revanche le hasard d’une enquête va l’amener à s’intéresser à Janis qui intéresse elle même Serge. Les quatre personnages vont se retrouver pris dans un engrenage inéluctable dont certains ressortiront les pieds devant et d’autres avec une seconde chance au grattage.
Philippe Hauret convertit le vers de Louise Labé “Je vis je meurs” en un polar crasseux à souhait où des existences lessivées tentent de retrouver le minimum de dignité qui pourrait leur permettre de reprendre la main. L’écrivain se fait portraitiste des âmes perdues avec un talent consommé au coeur d’une narration efficace et réaliste. Les chapitres nous baladent délicieusement entre la banlieue et les rues de Paris. Le plaisir que l’on prend fait beaucoup penser à une partie de flipper dans un vieux rade sur la colline de Montmartre.
Archibald PLOOM

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