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SEANCE 4 : LES LISTES :

 Je fais des listes, des listes bordéliques, désorganisées, raturées.

Des listes sur papier ou des listes perdues au beau milieu d’un cahier.

Des listes que je copie, recopie, que je barre, que je perds, que je cherche, que je retrouve, que je rallonge, que je censure, que je consomme comme des bonbons acidulés.

Des listes de courses, des listes de résolutions, des listes de priorités, des listes d’idées, des listes de projets, sans pour autant organiser mes pensées, ces listes sont des trompe-l’œil, elles me rassurent sans m’aider.

Le plus souvent elles sont absentes quand elles me seraient utiles.

Il y a la liste d’avant la séance.

Comme un pense-bête, une antisèche que je n’ose pas sortir de peur d’être ridicule.

Sur papier volant la liste finie, froissée ou déchirée.

Au cœur d’un cahier, elle se voit au final, défigurée d’un grand S

qui signifie supprimer.

Mes cahiers sont des brouillons de souillon.

S’ils reflètent l’intérieur de ma tête, j’ai du souci à me faire.

Je n’ai jamais su prendre des notes structurées.

En classe, j’enviais mes voisines à l’écriture fine et bien rangée, aux notes proprettes, celles qui changeaient de couleur pour écrire les titres et qui écrivaient droit sur des feuilles sans ligne.

Mes notes vont comme moi dans tous les sens.

J’ai la note créative, comme ces jeux de mots qui passent  du coq à l’âne : bout de ficelle, selle de cheval, cheval de course, course à pied … Une idée en pousse ou en appelle une autre.

Mes notes bourgeonnent, fleurissent, elles sont comme un buisson feuillu, un mûrier. J’aime cette idée, il faut fouiller les branches entre les épines pour saisir les mûres gorgées de soleil et les croquer égoïstement.

Je n’aime pas les structures, les processus, le trop bien rangé.

Prenons une bibliothèque personnelle, il faudrait, logiquement, que les livres y soient classés par ordre alphabétique, mais quelle tristesse.

J’aime ranger les livres par collection, par taille, par couleur, par goût, pour obliger à garder la mémoire en éveil, à visualiser où se trouve  tel ouvrage entre qui et qui.

Mes bibliothèques sont comme mes listes, et mes notes, elles sont comme moi, elles sont pêle-mêle...

Alicia RAHO 

Texte tiré de "Monologue avec mon Psy"©. Publication autorisée par l'auteur  pour Culture Chronique©

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