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LE JOURNAL D’AURORE de Marie DESPLECHIN et Agnès MAUPRÉ :

 Pour rien au monde je ne retournerai à cette période floue et instable de l’adolescence. Ces années nous laissent un souvenir doux amer dans lequel il n’est pas toujours agréable de se replonger. Le journal d’Aurore réussit la prouesse de nous rendre sympathique et drolatique cette période de mutation.

Aurore est une ado normale c’est à dire qu’elle a une chambre en bazar, elle passe son temps avec ses copines et ne supporte qu’à petite dose sa famille.

Comme d’autres avant elle, Aurore débute son journal intime et se demande bien ce qu’elle va pouvoir raconter, après tout il ne se passe pas grand chose de passionnant dans sa petite vie de collégienne qui aime lézarder dans son lit en grignotant. C’est là tout le talent de Marie Desplechin, celui d’enchanter cette existence a priori banale en un charmant et amusant récit. On s’identifie à Aurore et on se revoit moquant frères et soeurs, les humeurs changeantes, se regarder des heures durant dans la glace pour observer ce corps qui change et la découverte exotique de ce territoire inconnu: l’amour, celui qui fait rougir, emplit le ventre de papillon et rend adorablement idiot.

Le journal d’Aurore est une célébration de l’adolescence, ses petites joies, ses éclats de rire, ses désespoirs, cette période où tout est mouvant, dans laquelle on ne sait pas toujours où se situer ni sur quel pied danser.

Les chapitres se succèdent au rythme des mois et des saisons, chacun illustré par un cadre évoluant selon le temps ou la célébration. Le trait est léger et Agnès Maupré a su parfaitement retranscrire les positions adolescentes, on découvre Aurore affalée dans son lit, obnubilée par un téléphone qui ne sonne désespérément pas, étendue par terre ou encore avachie face à la télé. On la voit véritablement se mouvoir voire se transformer et exprimer une gamme d’émotions qui fluctue au grée de ses petits tracas quotidiens. 

C’est un plaisir réel de voir ce journal adapté en bande dessinée, car Aurore réussira à faire revivre les charmes et petits malheurs de l’adolescence même aux lecteurs les moins nostalgiques. Croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer! 

 

Marie SATOUR

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