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LES RACINES DU SANG de Natacha CALESTRÉMÉ :

 Natacha Calestrémé nous avait déjà surpris avec “Le testament des abeilles” mettant en scène une sombre prédiction qui répand le malheur dans Paris. Cet auteur touche à tout, membre de la société des Explorateurs Français et réalisatrice de documentaires, démontre un véritable talent dans l’art de construire des thrillers où le surnaturel et l’extrasensoriel viennent s’ajouter aux péripéties du récit. Après tout on peut considérer en bon cartésien que les histoires de revenants,celles qui concernent la transmission de pensée ou encore les malédictions ne sont que des fariboles, et goûter pourtant le doux frissons de l’inexplicable, de l’angoissant , voire de l’épouvantable. Après tout on ne va pas demander à l’univers fictionnel de correspondre absolument aux thèses matérialistes. C’est justement l’une des force de Natacha Calestrémé que de parvenir à créer une atmosphère de vieux château écossais tout en conservant la juste mesure qui permet à son récit de respecter le principe de réalité.
“Les racines du sang” débute dans un parking souterrain où un homme est retrouvé assassiné à l’arme blanche, d’un coup asséné dans la jugulaire. Une rose est enfoncé dans la plaie encore chaude et le legiste retrouve du sucre dans la gorge de la victime. Ce modus opérandi va se reproduire à plusieurs reprises ouvrant une série d’hypothèses auxquelles les enquêteurs sont incapables de répondre au départ. Mais c’est l’occasion pour le lecteur de retrouver le major Yoann Clivel qui bataillent avec un passé compliqué et douloureux, ce qui ne l’empêche pas d’engoutir des pintxos agrémentés de piment d’Espelette à l’heure du déjeuner. A ce titre la diététique policière à bien évolué depuis Simenon. Reste que ce personnage récurrent est désormais devenu familier aux amateurs de thrillers mais cette fois Clivel passe du côté de l’extrasensoriel sans que personne n’y trouve à redire.
L’enquête menée par le major va s’avérer beaucoup plus complexe qu’il n’y paraissait au départ. Clivel va remonter jusqu’en Afrique et lever le voile sur un certain nombre de pratiques inavouables de la part des grands laboratoires internationaux. L’auteur connait bien ses dossier et sa documentation est visiblement à jour car cette plongée dans l’arrière cours des magouilles à l’heure de la mondialisation est tout sauf fantaisiste. Ceux qui ne le savaient pas découvriront que notre vie privée est devenue transparente à cause de nos modes de communications et que la morale ne vaut guère plus que la parole que celle d’un singe qui vous fait les poches.
“Les racines du sang” est un thriller à la construction complexe, un tantinet ésotérique mais d’une grande efficacité narrative. Il plaira à ceux qui aiment les changements de registre, l’exotisme les personnages tourmentés et les chutes inattendues… Natacha Calestrémé ajoute un volume de qualité à une oeuvre qui sort des sentiers battus du polar à la française.

 

Archibald PLOOM

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