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SEANCE 7 : PARFUM :

J’ai profité de ma séance pour passer chez  un parfumeur, en face de l’Eglise Saint-Sulpice.

Ayant explosé mon flacon de parfum,  je me suis dit que c’était  signe qu’il fallait en changer.

Je ne change pas facilement de parfum, quand je fais le réassort du mien, je refuse les échantillons... Fidélité ou toc ?

Changer de parfum, c’est changer de peau.

C’est devenir autre.

J’ai  testé chez  Séphora et Marionnaud  ,  mais il y en avait trop !

Trop de flacons et trop de senteurs.

À la fin impossible de me décider.

Alors j’ai ciblé plus serré.

Chez un artisan parfumeur, le choix est plus restreint.

L’inconvénient est que l’on est pris en main.

Et moi je suis une indépendante dans mes choix.

Après avoir respiré les différents bouchons tendus poliment, j’ai hésité entre deux : « Heure exquise » et  «  grand amour » .

J’étais inspirée par le nom du deuxième.

Je me suis fait parfumer chaque poignet et je suis allée me promener pour laisser le temps à ma peau et à mon nez de s’accorder.

En fin d’après-midi, j’ai décidé.

« Grand amour » :un accord sensuel de lys, de chèvrefeuille et de jacinthe.

Avec un nouveau parfum, l’odorat se retrouve sollicité.

J’ai accepté que le vendeur m’asperge voluptueusement avant de sortir de sa boutique un peu étourdie de senteurs.

Le flacon se cache dans une bourse dorée et bouffante qui lui donne un air désuet et démodé.

J’espère que demain je ne vais pas regretter et me précipiter racheter mon ancien , ce ne serait qu’un nouvel essai raté.

Mais cette fois j’ai jumelé un changement de parfum à un changement d’année, cela devrait marcher !

Je n’aime pas vraiment le changement et je déteste la routine, quel paradoxe et je dois naviguer entre les deux , pas étonnant que j’aille voir une psy.

Et puis, je suis un nez ambulant, un handicap dans certaines situations, je ne respire pas, je sens.

Je déteste l’odeur des réfrigérateurs et l’odeur  humide du lave-vaisselle. J’aime l’odeur du linge qui sort de la machine à laver, j’aime l’odeur de l’herbe coupée, j’aime l’odeur des bébés mais je déteste  l’odeur des vieux, quand ils sentent le rance. Par sécurité olfactive, j’ai toujours mon flacon de parfum dans mon sac.

Et pschitt ! 

Alicia RAHO (2011) Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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