Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
HISTOIRE DU SABOTAGE de Sebastien ARBETELLI :

  Le sabotage est un fait historique dont l’histoire restait à faire . Certes le sabotage est largement abordé dans les livres d’histoire mais toujours comme une thématique liée à une situation particulière. Le sabotage est en effet rarement affaire de longue durée, il renvoie plutôt à une forme de parenthèse plus ou moins longue. Reste qu’il a été rarement abordé en tant que phénomène globale qui porte atteinte à des biens matériels de façon consciente et intentionnelle. Sébastien Albertelli répare, en partie, ce manque en nous proposant une “Histoire du sabotage” sous titrée “de la CGT à la Résistance”, disons de la fin du XIX eme siècle à la fin de la seconde guerre mondiale. Il s’agit donc d’une histoire nationale du sabotage, liée à une certaine période de notre histoire. Comme l’indique l’historien: “ Le sabotage est une action illégale – comme toutes les destruction volontaire du bien d’autrui -, marquée par conséquent du sceau du secret et du clandestin, dans sa conception comme dans sa réalisation. (…) Il est particulièrement adapté au contexte d’une lutte du faible contre le fort.” Evidemment sans organisationx ou réseaux le sabotage ne peut se développer car il lui faut une logistique particulière qui ne peut rarement être le fait d’un seul homme.
L’historien explique que le sabotage a été théorisé très tôt au sein des publications de la CGT ou s’opposent deux variantes du syndicalisme : ceux qui sont favorables à des luttes locales et d’autres – liés au syndicalisme révolutionnaire - au contraire qui veulent mobiliser les masses ouvrières en vue de la grève générale. Parmi eux l’anarcho syndicaliste Emile Pouget, dans les années 1890, va affirmer le sabotage comme tactique révolutionnaire En 1895 le sabotage est évoqué en marge du congrès fondateur de la CGT et dans les réunions préparatoires du congrès socialiste de Londres.
Le sabotage qui était initialement associé à une grève du zèle ou à un manque d’application dans le travail dérive rapidement vers une forme de violence destructrice. Albertelli constate : “Au XIX eme siècle, l’attachement à l’idée républicaine, s’accommodait de l’usage de la violence. Mais pour la majorité des républicains l’avènement de la Troisième République a changé la donne : l’usage de la violence, justifiée contre les régimes despotiques, ne l’est plus.” Pourtant la République ne va pas suffire à éradiquer cette pratique jusqu’en 1939. A ce titre on pourrait écrire un roman feuilleton des actes de sabotage. La seconde guerre mondiale ouvrira, elle, une période tout à fait particulière de l’histoire du sabotage où les savoirs faire de certaines organisations ne manqueront pas de rendre service à la Résistance.
Le mérite de cette “Histoire du sabotage” – relevons d’ailleurs le remarquable travail d’archives effectué par Sebastien Albertelli -est de replacer cette pratique marginale dans son contexte idéologique et historique tout en interrogeant son efficacité. Il reste que dans les oppositions asymétriques du faible au fort le sabotage conserve encore de beau jour devant lui.
Hugues de SINGLY

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter    

 

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :