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LE JOUR OÙ ANITA ENVOYA TOUT BALADER par Katarina BAVALD :

 Le premier roman de l’écrivain suédois Katarina Bivald « La bibliothèque des cœurs cabossés » a été un énorme succès international. Bivald qui a longtemps travaillé dans une librairie aurait-elle imaginé qu’un jour elle ferait partie des meilleures ventes en Suède mais aussi dans le monde entier ? La littérature accouche parfois de belles histoires éditoriales mais il paraît clair que dans le cas de Katarina Bivald la reconnaissance internationale ne doit rien au hasard. « La bibliothèque des cœurs cabossés » possédait déjà tous les ingrédients du roman universel, celui où chacun peut retrouver une part de soi. Bivald sait développer des histoires de vie où des gens ordinaires tentent de surmonter des circonstances contraires.
« Le jour où Anita envoya tout balader » approfondit cette veine à travers un récit de vie : celui d’Anita Grankvist une quadragénaire dont l’existence sans grand relief la laisse un peu sur sa faim. Le départ de sa fille pour l’université va ouvrir une nouvelle période de sa vie plus créative et vraiment plus stimulante. Ce roman répond finalement à une question très simple : « Pourquoi tenons nous tant à ne pas réaliser nos rêves d’adolescents ? » Car pour Anita il s’agit bien de ça, elle n’a, à quarante ans, tenu aucune des promesses qu’elle s’était faite à dix huit ans : être complètement indépendante, posséder sa propre maison et savoir piloter une moto. « Le jour où Anita envoya tout balader » est l’histoire d’une reconquête, celle d’une femme qui va sortir de la parenthèse dans laquelle elle s’était elle même enfermée. Bivald a choisi d’opter pour un récit à la première personne qui a le mérite de fonctionner au plus près du monologue intérieur d’Anita. Le lecteur suit pas à pas l’itinéraire qui va la conduire à revenir au plus près d’elle même. On ne peut manquer d’être touché par ce roman plein de tendresse pour un personnage qui aurait bien pu sombrer dans la dépression. Même si rien n’est facile pour Anita, sa décision est prise et, coûte que coûte, elle ne cédera plus un pouce de terrain, mieux elle osera être enfin la femme qu’elle rêvait d’être . On s’amuse beaucoup, on est souvent ému et on ne manque pas de s’interroger sur le sens qu’on a donné à notre existence. Au fond c’est l’une des forces de la littérature : créer des personnages qui finissent inéluctablement par nous questionner.
« Le jour où Anita envoya tout balader » envoie effectivement tout balader, une manière de suggérer que rien n’est jamais fini, ou plutôt que tout peut toujours commencer...
Archibald PLOOM

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