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LOVE STORY A L'IRANIENNE par DELOUPY :

  A mes yeux, les émotions et les préoccupations amoureuses auront toujours une valeur plus passionnante que les réalités politiques et économiques. Le genre de sujet qui fait rarement la une des médias et qui fait pourtant tourner notre monde depuis toujours.
« Love story à l’iranienne » s’apparente à du journalisme d’investigation des coeurs, le couple de journalistes a simulé un voyage touristique pour mener à bien leur enquête. Ils se rendent régulièrement en Iran. Plus intéressantes que toutes les données chiffrées les coutumes liées aux mariages et les façons de s’aimer en disent souvent long sur l’état d’un pays/d’une société.
Le couple de journalistes a permis à ces témoins de se livrer et d’énoncer leur ressenti, chose quasi impossible pour ces citoyens Iraniens réduits au silence dans un certains nombres de domaines.
Nos auteurs ont donc rencontré et suivis différents amoureux en Iran pour découvrir ce qui est caché par les voiles, les traditions et cette société verrouillée.
Au détour de ces rencontres on est pris par ces divers récits captivants et par la difficulté d’aimer et de rencontrer l’autre dans cet État où l’amour ne se vit pas ouvertement.
La force du propos réside dans la variété des témoignages, les personnes interrogées viennent de divers milieux, les hommes et les femmes, entre 20 et 30 ans s’expriment sur un thème commun.
Je me suis rappelée la chance que j’avais de pouvoir aimer librement comme je l’entendais. Paradoxalement, j’ai presque eu un soupçon d’envie. Et si un peu d’interdit ajoutai du piquant aux relations parfois routinières?
Mais la détresse de ces amoureux nous fait comprendre à quel point pour eux s’aimer est un acte de courage voire même de rébellion.
En feuilletant la BD je n’étais au premier abord pas vraiment attirée par le graphisme et les illustrations. Et puis, j’ai finalement été séduite. J’ai aimé les formes multiples que prenait cette BD, tour à tour journal, croquis et narration. C’est une oeuvre riche par la diversité de sa forme et de son contenu qui permet ainsi de retranscrire avec brio la mosaïque de ces bouts de vie.
Ce format permet ainsi plus facilement des retours en arrière, d’évoquer des évènements historiques et de dénoncer l’hypocrisie du gouvernement. Faites ce qu’on vous dit mais interdiction de faire ce que nous faisons.
La jeune génération semble résignée et ne semble pas vouloir se rebeller contre le gouvernement et le poids de cette société patriarcale. L’immobilisme semble être devenu la norme. La lâcheté le lot de la majorité. Heureusement pour certains, l’amour existe et constitue l’ultime espace d’évasion.
Cette oeuvre nous rappelle qu’à l’intérieur de chacun d’entre nous demeure un îlot de liberté façonné par nos rêves et nos aspirations qu’aucun régime ou dogme ne pourra jamais nous nier
« Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible. » Albert Camus L’Été
MARIE SATOUR

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