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DEUX REMORDS DE CLAUDE MONET de Michel BERNARD :

 Quel beau roman que “Deux remords de Claude Monet” , oeuvre profonde  qui nous  emporte dans la vie du peintre Monet  cet homme au caractère rugueux qui fut l’un des maîtres de l’impressionnisme.  Le roman se présente comme un triptyque composé de trois portraits : Fréderic,  Camille et Claude.    Frédéric Bazille fut l’un des espoirs de l’impressionnisme français mais la guerre de 1870 faucha son existence comme des milliers d’autres.   Peut être Frédéric – qui avait tant soutenu Monet durant ses périodes de débines -  était-il mort à cause de lui…  Bazille qui cherchait une qualité de lumière particulière, avait entendu dire  de la bouche de Claude que  celle d’Afrique du Nord possédant quelque chose d’incomparable. Il s’était engagé avec les zouaves, comme l’avait fait Monet des années auparavant,  et avait passé cinq semaines d’instruction de l’autre côté de la Méditerranée. Il avait pu découvrir cette  lumière d’Afrique dont lui avait parlé Monet et puis de retour en France il trouva la mort dans des combats contre les prussiens près de Beaune-la- Rolande. Ce qu’il avait découvert des couleurs,  du ciel et de la lumière d’Afrique  ne lui servit  à rien, le voile de la mort recouvrir tout de noir.

     Second élément Camille Leonie Doncieux fut le modèle préféré de Claude Monet et finit par devenir  son épouse. Elle venait de Lyon et portait un nom de la région : Doncieux. Elle fut “La femme à la robe verte”  dont Monet aimait deviner  le corps de Camille sous les lourds vêtements d’hiver.  Il la peignit énormément car il aimait la lumière qui émanait d’elle. Camille avait ce calme satisfait qu’il admirait et dont il savait faire le meilleur usage dans ses tableaux.  Elle pérégrina beaucoup, suivant son mari où il lui semblait bon d’aller, Londres, la Hollande. Elle connut les moments difficiles puis l’aisance. Elle plaisait à Renoir et à Manet  mais restait le talisman de Monet.

 On dit que le tableau “Femmes aux jardins” serait composé de quatre études de Camille.  Mais le destin va priver le peintre de celle qui l’inspira tant? Quand la maladie qui l’avait rongée pendant plusieurs mois emporta Camille en 1879, le peintre la peignit sur son lit de mort comme un dernier hommage à tout ce qu’elle avait pu représenter dans son oeuvre.

   Claude Monet constitue le dernier personnage du triptyque romanesque que nous propose Michel Bernard. Le peintre va se remarier avec Alice Hoschedé qui fut l’épouse de son ami collectionneur Ernest Hoschedé.  Très rapidement Alice va faire disparaître toutes les photographies de Camille, même celles avec son fils Jean, puis l’ensemble de la correspondance de Camille avec son mari disparaîtra à son tour.  C’est avec Alice que Claude s’installera à Giverny. Alice disparue en 1911, laissa son mari voguer sans elle jusqu’en 1926.  Pendant la guerre de 14-18 son ami Clémenceau  devenu chef du gouvernement veilla à ce  que le peintre ne manqua jamais de rien à Giverny. Lorsque des années plus tard quelques mois avant sa disparition  Monet céda les “Nymphéas”  à l’Etat français, il y mit une condition : l’achat de “Femmes au jardin”  peint  60 ans plus tôt afin qu’il soit exposé au Louvre. Il ne donna aucun motif  à cette exigence…

  Michel Bernard nous offre avec “Deux remords de Claude Monet” quelque chose de la nostalgie du temps qui passe et que l’on ne peut jamais rattraper même quand on s’appelle Claude Monet.   L’auteur de “La Tranchée de Calonne” parvient  à tenir  le pari  d’une plongée lumineuse dans la vie de Monet tout en peignant avec un réalisme scrupuleux  le  fond de la grande Histoire  que traversa le peintre.  Du grand art !

Archibald PLOOM 

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