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LE HUITIEME LIVRE DE VESALE de Jordi LLOBREGAT :

 Ce premier roman de Jordi Llobregat déchire le ciel de l’édition comme un éclair incandescent et annonce d’emblée une carrière remarquable à cet auteur valencien qui se porte au niveau des meilleurs romanciers espagnols. Nous sommes à Barcelone en 1888 et la ville bruisse d’activité quelques jours avant l’ouverture de l’exposition universelle. Daniel Caralt est de retour dans sa ville natale pour enterrer son père un médecin qui a consacré sa vie à soigner les plus pauvres de la ville. Daniel avait lui même fui en Angleterre à la suite d’un drame familial qui l’avait laissé traumatisé. Il ne va d’ailleurs pas tarder à sentir que les séquelles de cet événement passé le hante toujours… Le récit prend un cours particulier quand Caralt, jeune professeur Oxfordien qui a ramené d’Angleterre une passion toute Sherlockienne pour l’enquête, – rappelons au passage que les spécialistes de Sherlock Holmes se déchirent encore sur la question de savoir dans quelle université il a fait ses études : Oxford ou Cambridge? - découvre que son père a peut-être été assassiné. En poursuivant ses investigations, aidé d’un étudiant en médecine et d’un journaliste, il s’aperçoit que le médecin enquêtait lui même sur une série de meurtres dont les victimes étaient de jeunes ouvrières. Le plus intéressant tient dans le fait que ces crimes sont liés à un mystérieux manuscrit, ouvrage d’un anatomiste du XVI eme siècle : André Vésale qui fut médecin et est encore considéré comme le plus anatomiste de la Renaissance. Les connaisseurs apprécieront cette double mise en abyme : le médecin poursuivant le médecin, le livre sur le livre...
Barcelone n’est pas seulement le décor de ce thriller, elle est aussi l’un des personnage clef du roman, cité tiraillée entre les pires superstitions et la modernité dont l’exposition universelle est le symbole. Llobregat n’a pas son pareil pour décrire chaque recoin de la grande cité catalane dans des séquence narratives envoûtantes. Thriller autant psychologique qu’historique “Le Huitième Livre de Vésale” est aussi un roman de la filiation profondément psychanalytique qui s’enfonce dans les souterrains de Barcelone comme dans un cauchemar. Six cent pages qui vous tiendront en haleine, six cent pages servies par la remarquable traduction de Vanessa Capieu, six cent pages qui raccourciront vos nuits…

Archibald PLOOM 

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