Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
SEANCE 9 : BANLIEUE :

Les embouteillages et la pluie mettent mes nerfs à vif.

Que de temps perdu en allées et venues...

Si seulement j’habitais Paris, ce serait tellement plus simple mais tellement plus cher !

Suis-je prête à abandonner la vue et les arbres, et à diviser par deux ou trois les M² dans lesquels je vis ?

Non, assurément non.

Alors je vais encore devoir supporter les bouchons en grognant toutes les semaines.

Les joies de la campagne.

Ce n’est pas la campagne, ce n’est pas la province, ce n’est pas la ville et ce n’est pas Paris.
C’est quoi au juste ?
L’entre-deux, l’entre-quelque chose.

La banlieue.

Pas vraiment ailleurs et pas vraiment Paris.

Ici nous sommes des Franciliens.

Il suffit d’inviter des Parisiens pour comprendre que la distance Paris-banlieue devient bien plus grande que banlieue-Paris. Les Franciliens ont intégré ces trajets comme faisant partie de leur vie, les Parisiens s’horrifient du temps perdu pour venir dîner chez vous.
« Le bout du monde, vous êtes au bout du monde, mais que c’est loin, on a mis plus d’une heure pour venir. »  Sous-entendu mais comment peut-on vivre ici ?

« Autant habiter Lille ou Rennes, avec le TGV vous seriez vraiment plus près. Et vous vous plaisez vraiment ici ? » Sous-entendu comment peut-on se plaire dans un endroit aussi paumé ?

Quand ils arrivent de nuit, difficile de leur vanter la vue.

« On a des baies vitrées qui donnent sur un grand parc, bon là il fait nuit, mais, de jour, c’est très beau. »

Moues dubitatives et hochements de tête qui en disent long.

Et en conclusion, en partant ils vous disent.

«  La prochaine fois c’est vous qui viendrez sur Paris , c’est tellement plus simple et puis vous avez l’habitude de faire le trajet dans ce sens, ça ne  vous changera pas. »

Sourires gênés.

Normal, les Parisiens ne sont pas habitués à faire les efforts que nous consentons pour aller rejoindre notre capitale !

Il y a des jours, quand le ciel est plombé et qu’il m’importe peu de voir un paysage de verdure sous la pluie, je les envie.

Un jour comme aujourd’hui vendredi fin d’après-midi, à touche- touche pendant des heures, pour cause de départs en WE, il ne faudrait pas s’installer sur l’autoroute de Lyon. Ce n’est pas assez près pour se sentir Parisiens et ce n’est pas assez loin pour se sentir dépaysé. Je suis coincée dans un  flot de voitures et ce n’est même pas pour partir en WE mais uniquement pour pouvoir rentrer chez moi.

Dans ce cas-là je hais la banlieue .

ALICIA RAHO (2011) Texte extrait de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

Lire la séance 10

Relire le feuilleton des séances depuis le début

-                                     -

---   Le Facebook d'Alicia RAHO 

---   Le site de l'illustratrice   

 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :