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A LA TABLE DES HOMMES de Sylvie GERMAIN :

       La guerre et ses horreurs, la guerre et ses souffrances, la guerre et sa noirceur, la guerre et la mort...et la vie, où est elle dans ce chaos? La vie, elle s'insinue, elle s'infiltre, elle reprend ses droits. C'est une fleur qui s'épanouit, un champignon qui pousse, un animal à peine né qui se débrouille pour survivre. Elle est touchante l'escapade de ce porcelet innocent dans une nature vibrante, elle fait frémir ! C'est comme un printemps timide mais insolent qui s'invite alors que l'hiver n'en a pas fini avec ses lourdeurs...avec ses douleurs. Et puis de rencontre insolite en rencontre curieuse, la métamorphose opère, l'animal se transforme et l'être humain éclôt.
Babel est un enfant sauvage, récupéré par des humains .Il balbutie quelques mots incompréhensibles et grogne aussi. Les femmes lui demandent qui il est, d'où il vient, , ce qu'il fait là, comment il s'appelle, elles lui parlent à voix contenue et gazouillante, comme lorsque les adultes s'adressent à un petit enfant, mais lui ne comprend rien... Il est tellement différent qu'il sème méfiance et défiance. Il est chahuté, rejeté par ces humains censés être bons. Pour sa sécurité, Ghirza sa protectrice devra l'éloigner, il sera à nouveau obligé de s'adapter pour être accepté par d'autres hommes . Pourquoi se demande t-il, tout ce qui vit, jusqu'aux plus minuscules insectes, doit il en permanence se tenir sur ses gardes, en alarme, prêts à déguerpir?. Mais pourquoi ces êtres que l'on appelle humains sont ils si cruels, si destructeurs ?
Cette part d'humanité, Babel la trouvera chez certains en opérant cette mue indispensable pour avoir ce privilège de rester dans le monde des hommes. Il lui faut apprendre les codes et surtout les langues pour communiquer . Et même s'il se transforme, s'il évolue, il ne perd jamais cette part d'animalité ancrée en lui. Sa mémoire est amputée mais des réminiscences d'une vie lointaine surgissent sans prévenir.
Sylvie Germain, avec son roman interroge chacun d'entre nous sur ce que nous sommes réellement. Nous approchons le temps d'une lecture la possibilité d'un autre soi, de porter aussi un regard différent sur l'animal, sur les vivants. Au delà de l'étrangeté de ce roman qui a elle seule peut susciter la curiosité, l'écriture de Sylvie Germain si délicate, si poétique procure un vrai moment de plaisir et nous découvrons comme Babel que l'art de nommer les choses est immense, ondoyant, les mots aussi abondants que les étoiles dans le ciel.
Sylvie LAVAINE

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