Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
BALLADE POUR LEROY de Willy VLAUTIN :

  Il existe une école américaine du roman à laquelle appartient Willy Vlautin, une école qui s’intéresse aux petites gens, loin des centres villes des métropoles mondialisées. Iain Levison, Ellen Urbani, Dan Chaon ou Holly Goddard Jones font partie de cette confrérie qui peint les joies et les peines de ceux qui vivent à la marge de la grande scène américaine, les abandonnés qui n’intéressent personne et qui ne s’en plaignent jamais.
Le personnage de Leroy se réveille un jour dans un hôpital après une longue période de coma. Ancien combattant de la guerre en Irak, c’est un homme qui ne parlait guère, aimait les céréales Cap’n Crunch et pouvait regarder la chaine de science fiction pendant des jours et des jours. Maintenant il est entubé dans ce lit d’hôpital après qu’on l’ait trouvé avec des pieux enfoncé dans la poitrine. La guerre a laissé des traces au fond de l’âme de Leroy. Le monde est venu frapper à sa porte et n’y a laissé que tristesse et désolation. Sa mère Darla passe beaucoup de temps à son chevet et lui lit d’interminables romans de science fiction où il est question de planètes à 7 lunes, le reste du temps elle est caissière dans un supermarché.
Vlautin est un impressionniste qui travaille par petites touches, dévoilant progressivement les vies simples de Leroy, de Freddie Mc Call, le gardien de nuit ou encore de Pauline l’infirmière qui se demande où est passée la gamine qui a disparu de l’hôpital. On s’attache rapidement à ces personnages qui vivent à des années lumière du rêve américain et qui rangent chaque semaine les courses dans le coffre de leurs voitures; des êtres qui conservent une incroyable dignité sur un fond d’Amérique Steinbeckienne. On reste médusé par la maitrise narrative du romancier qui interroge son pays en repartant des anonymes qui en sont la trame silencieuse.
“Ballade pour Leroy” est simplement le roman d’un immense écrivain qui sait conjuguer la minutie du portraitiste et l’intelligence d’un grand esprit faisant surgir des vie minuscules dans l’impétueux torrent de l’histoire. “Ballade pour Leroy” donne immédiatement envie de passer chez son libraire pour se procurer “Plein Nord” et “Motel life” ses deux précédents romans.
Archibald PLOOM

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter    

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE

 

 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :