Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
DOMPTER LE DIABLE de Morgann KATIOUCHA :

   “Dompter le diable” est un roman étonnant, un de ceux qui vous laisse une curieuse impression. On imagine que l’éditeur a dû le relire plusieurs fois avant de prendre une décision. C’est d’ailleurs rassurant de constater que certaines maisons d’édition prennent un tel risque, ce fut le cas des Editions du Toucan. “Dompter le diable” est donc un premier roman déroutant, frappadingue mais aussi d’une fraicheur narrative qui surprend à la manière d’une embuscade littéraire. Katioucha - ce nom sonne comme une roquette soviétique - installe dès la première page un incroyable composé d’écriture débridée et de récit foisonnant qui nous replonge dans une des périodes historiques les plus troubles de la fin du XXeme siècle : la guerre dans ce territoire que l’on appelait encore l’ex-Yougoslavie.
L’écriture à la première personne court comme des phrases de Céline qui se seraient égarées en banlieue profonde. “ Tout le monde s’est lavé dans le bled fantôme… Blababla s’est fait une moustache. Et la raie sur le côté ! Oreilles au vent ! On dirait Clarke Gable avec 30 kgs en riton ! Pas de liason téléphonique dans notre purgatoire. (…) Partout où on arrivait, c’était la fusillade direct. Les habitants défouraillaient sur tout ce qui voyait … même sur les ombres parfois… La peur au fion… Tout le monde à peur ici…” Cette peur devient d’ailleurs très communicative, le lecteur finit par regarder derrière lui de crainte de sentir passer l’ombre de l’un de ces mercenaires massacreurs.
Voilà à quoi conduit de tomber amoureux d’une jolie serbe quand on est breton et que le pays de votre bien aimée est ravagé par les passions nationalistes. Morgann s’en va donc en guerre pour les beaux yeux de sa belle. On plonge avec lui et on ressort pas vraiment indemne malmené qu’on est par cette écriture furieuse qui déferle comme un torrent de boue et submerge tout sur son passage.
“Dompter le diable” est un astéroïde littéraire qui déchire un ciel éditorial souvent timoré. On est ravi de découvrir cette oeuvre inclassable qu’on pourra néanmoins ranger sans trop se tromper dans la catégorie du roman noir, très noir…
Archibald PLOOM

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter    

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :