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A L'OMBRE DES PATRIARCHES de PIERRE POUCHAIRET :

      Ce qui est intéressant avec le roman noir c’est qu’il part toujours d’une hypothèse narrative que le roman classique ne se permet généralement pas. Dans ce domaine Pierre Pouchairet, qui fut en son temps commandant au sein de la police nationale, ne recule devant rien. Son dernier roman “À l’ombre des patriarches” nous propose une plongée au coeur même de la police israélienne. Après le remarquable “La filière afghane” couronné par le prix Interpol’Art ce nouvel opus est franchement dépaysant.
Pouchairet met en scène deux inspecteurs israéliens qui doivent enquêter sur le meurtre d’une européenne dans le quartier arabe de Jérusalem-Est. Ce n’est pas parce que la situation est très tendue entre israéliens et arabes que les crimes crapuleux disparaissent. Il y a les tensions inhérentes au conflit qui dure depuis 1948 et puis il y a la vie ordinaire et ce crime semble plutôt appartenir à la seconde catégorie. Mais le romancier ne va pas se satisfaire de la seule présence de ces deux flics hébreux, il va pousser son récit un peu plus loin en ajoutant une enquêtrice palestinienne qui travaille de son côté sur l’enlèvement de l’une de ses amies.
Pouchairet va prendre un malin plaisir à tisser deux trames narratives qui vont finir par se croiser. Sa capacité à mettre en place l’atmosphère locale, les tensions, les incompréhensions et le climat de suspicion généralisée rend ce roman profondément réaliste. L’écriture est tranchante et épouse au scalpel les contours d’un monde bien loin des dépliants touristiques. “ A l’ombre des patriarches” n’a rien d’un roman romantique, tout y sent la peur, la colère et l’aveuglement brutal. La manifestation de la vérité doit suivre des méandres complexes et les enquêteurs devront se méfier constamment des apparences. On déambule dans les bazars de la vieille ville, on remonte l’avenue Ha-Shalom et on est surpris d’apprendre qu’il peut neiger à Jérusalem.
Le roman entièrement innervé par l’actualité est dense, âpre et ne laisse guère de place à la pitié. Réalité et fiction marchent d’un même pas et traversent un chaos qui fait partie intégrante du récit. “A l’ombre des patriarches” est un vrai roman noir, impitoyable comme l’histoire du monde.
Archibald PLOOM 

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