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ET LE SILENCE SERA TA PEINE d'Elodie GEFFRAY :

  Il y a bien des façon d’écrire un bon thriller. Il faut d’abord posséder une excellente imagination et aussi cette capacité particulière à proposer un récit où la densité psychologique n’a d’égale que l’intensité narrative. Ces qualités “Et le silence sera ta peine” les possède de bout en bout. Elodie Geffray a en effet élaboré un récit quasi mythologique. Un homme a qui la vie n’a réservé aucune bonne surprise va accepter d’endosser le crime d’un autre pour obtenir une chance de décrocher l’existence de ses rêves. On se croirait revenu dans l’une de ces bonnes vieilles histoires de dieux et de mortels dont les anciens peuplaient leurs rêves. Sauf qu’ici il s’agit d’une histoire dont la modernité ne fait pas de doute, une époque où certains hommes pourraient s’imaginer au dessus des lois et faire endosser à d’autres les conséquences de leurs crimes. Cette époque c’est évidemment la nôtre.
Le jeune Nicolas est le fils d’un minsitre très en vue et quand il bouscule une jeune fille un peu trop brutalement parce qu’elle se refuse à lui, la présence d’un vilain clou va sceller son destin. Sandra, la jeune femme, meurt sur le coup. C’est là où l’affaire devient très intéressante. Le ministre n’a guère envie de voir sa carrière brisée à cause des frasques de son fils. Il va alors confier à Ivan la mission de trouver un coupable de substitution. Ce sera Dominique un chômeur pas veinard qui va accepter d’échanger quelques années de sa vie contre la réalisation de quelques uns de ses meilleurs rêves. S’installe alors un étonnant face à face entre Dominique et Yvan. De son côté Nicolas s’interroge sur la portée morale de son acte pendant qu’Osmond le flic se pose des questions sur la nature réelle de la vérité dans cette histoire.
L’écrivain à travers un dispositif narratif très habile construit une atmosphère étrange qui fonctionne pour le lecteur comme le panoptique de Jéremy Bentham : chaque conscience est scrutée depuis un point haut qui ne nous épargne rien des mouvements intimes des âmes. L’écriture d’Elodie Geffray impose d’emblée son style et nous entraîne sur le fil du rasoir de l’immoralité. On en redemande.

Archibald PLOOM 

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