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LES PUTES VOILÉES N’IRONT JAMAIS AU PARADIS de Chahdortt DJAVANN :

   En 1979 la révolution iranienne  chasse Mohammad Reza Pahlavi, dictateur et Shah D’Iran au profit  de religieux chiites avec à leur tête l’ayatollah Khomeini. Après l’enthousiasme des premiers jours la répression religieuse s’abat sur le pays : la musique  est bannie du domaine public, hommes et femmes ne doivent plus se fréquenter  dans l’espace public s’il ne sont pas mariés, les relations sexuelles  avant le mariage sont officiellement interdites, bref  le pays recule de mille ans et ne tarde pas à s’isoler du reste du monde.

   Chahdortt Djavann est née en Iran en 1967, en 1980  elle est arrêtée alors qu’elle n’a que 13 ans et qu’elle manifeste contre le régime des ayatollah, elle est emprisonné pendant  trois semaines.  Rebelle au régime Chahdortt Djavann finit par fuir en France et on la comprend.  C’est une fierté pour notre pays d’avoir accueilli une telle personnalité et un déshonneur d’avoir offert l’asile à Khomeini.  Dans son dernier roman « Les putes voilées n’iront jamais au Paradis »  Chahdortt Djavann  suit la trajectoire  de deux jeunes filles qui furent séparées à l’âge de douze ans.  Le récit de leur vie  est mêlé aux témoignages de prostituées qui ont subi tous les préjugés d’une société  moraliste et hypocrite.  Les voix de ces prostituées  nous parviennent  d’outre tombe, elles sont mortes  assassinées, pendues, lapidées et pourtant elles continuent de nous parler, de nous toucher, de nous bouleverser.  Djavann libère la parole corsetée par le discours religieux,  la chair, le sexe, le désir, surgissent de façon très crue bousculant les codes d’une société iranienne où la sexualité  est constamment réprimée et où le corps des femmes  est considéré comme une source de pêché perpétuel.  « Mon cul ? Je ne le vends pas, je ne le loue pas non plus. Tout d’abord ce n’est pas tant mon cul …, enfin, il a du succès , certains clients adorent me sodomiser, mais, en règle générale, c’est dans mon vagin que ça se passe ; ma bouche est pas mal sollicitée aussi . les prudes sont obsédés par cette expression vide de sens : vendre son corps.  Comme si le corps d’une femme se réduisait à son sexe. Je ne vends pas plus mon corps qu’un malheureux ouvrier exploité qui se casse le dos avant cinquante ans à force de corvées. »  Les mots de ces femmes  viennent nous frapper  avec une brutalité qui n’a d’égale que les  injustices qu’elles subissent.

   Le texte de  Chahdortt Djavann  est un véritable réquisitoire contre une société  qui nie le corps des femmes et voit la prostitution se développer à tous les coins de rue alors même qu’elle est réprimée de façon aveugle par des tartuffes supposés posséder le fameux « discernement islamique ».  Dans cette société une jeune iranienne qui fugue est violée dans les vingt quatre heures, ce qui en dit long sur l’état des consciences masculines.  Le régime des mollahs a créé un enfer et ce sont les femmes qui en paient le prix le plus élevé. 

    « Les putes voilées n’iront jamais au Paradis ! »   résonne comme une provocation face à l’ignominie d’un régime qui a cru imposer les puissances du ciel sur terre et qui n’a réussi qu’à  bafouer la dignité humaine.  Un roman bouleversant.

Archibald PLOOM

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