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BOBBY CHANGE DE LINGE de Hughes BARTHE :

   J’ai toujours aimé les photos de mariage, tout ce qu’elles annoncent déjà dont les protagonistes n’ont même pas conscience. J’aime surtout les lire, observer les regards, les mains serrées, les accessoires ou tenues improbables et remarquer surtout les absents. La couverture de cet album à pour fond un rose kitsch, elle représente une photo de mariage comme on trouve sur le buffet à mémé, ces mêmes sourires forcés et donc faux, une mariée meringue ou chou à la crème c’est vous qui voyez. Mais c’est un portrait incomplet, il manque la famille du marié, d’ailleurs il est le seul à ne pas afficher ce sourire obligatoirement forcé.

Ce marié c’est Bobby, le héros de l’album, issu d’un milieu populaire dont il a fui par volonté d’exister et de se démarquer.

C’est l’histoire de ce jeune homme, dont la série Dallas a inspiré le prénom à ses parents, qui va tout faire pour mettre à distance ses origines et se fondre dans un autre moule, il va découvrir le monde petit bourgeois et s’y engouffrer. Il changera d’ailleurs régulièrement de prénom au grée de ses évolutions.

C’est un album qui narre la réalisation de soi à travers les errances, erreurs et égarements. 

Deux couleurs s’opposent et s’affrontent comme les deux milieux de Bobby: celui dont il est issu et celui qu’il rêve d’intégrer. 

Le rose retranscrit son passé et le village de son enfance alors que le vert marquera la croissance, l’évolution et le changement de milieu.

On sent la difficulté à assumer le milieu dont on il est issu et dont il cherche dans tous les domaines de sa vie à s’affranchir cependant ses origines sont comme un mauvais parfum, qui colle à la peau malgré tout. Changer de milieu est-ce seulement possible? Comment ne pas se laisser trahir par ses origines?

Il devient tout ce que sa famille exècre et se fond dans un autre personnage qu’il finira lui même par mépriser tout autant: l’archétype de l’homme rangé, frustré et malheureux, coincé dans sa vie et dans un mariage ennuyeux.

Il parviendra à sortir de sa routine pour se réaliser et tenter d’exorciser le passé familial. Une ultime confrontation avec le passé et la famille va l’inspirer et le faire exister en tant qu’auteur, tout ce qu’il a essayé de renier et d’expulser lui revient pour lui permettre d’écrire, tout ce qu’il a toujours voulu rejeter sera matière à son inspiration et à son accomplissement.

Cet album se lit comme un roman d’apprentissage, Barthe dresse un portrait sans fioritures de l’âge d’homme et de la maturité.

Marie SATOUR

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