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L'ASSASSINAT DE GILLES MARZOTTI de Christophe DESMURGER :

  “L’assassinat de Gilles Marzotti” est un livre étonnant parce qu’on pourrait le prendre pour un thriller alors qu’il s’agit de tout autre chose. Raoul est écrivain, il vit avec Nicole avec qui il a un petit garçon, Mattéo. Le problème de Raoul tient au fait qu’il dépense plus qu’il ne gagne et à cause de cette situation il doit supporter les conseils un peu condescendants de son banquier, un certain Gilles Marzotti.
A travers la relation entre le banquier et Raoul, l’écrivain propose au lecteur la peinture d’une réalité inhérente à la société de consommation : dettes, crédits, pénalités de retard, intérêts cumulés. Raoul court après les remboursements et les traites impayées, le tout ponctué par ses rendez vous avec Gilles Marzotti. Au fil des pages on découvre que Raoul ne va pas bien, sa situation l’a progressivement affecté et il a sombré dans une forme de dépression. Du coup il n’apprécie plus vraiment les bons moments de son existence, en particulier la parution de son roman. Son banquier plane désormais au dessus de lui comme une malédiction. Toute sa vie semble désormais sous la surveillance étroite de Marzotti.
A aucun moment le terme de dépression n’est évoqué mais le lecteur comprend rapidement que la vie de Raoul a basculé, les rebondissements qui suivront ne manqueront d’ailleurs pas de le surprendre. Mais les faits les plus dramatiques ne sont peut être pas l’essentiel du récit. Au fond Desmurger traite deux traits fondamentaux de la société de ce début de troisième millénaire : l’hyper consommation et la dépression. “L’assassinat de Gilles Marzotti” est une allégorie impitoyable sur un monde où les individus peuvent soudain perdre le contrôle de leur vie. Le rôle du banquier est tout aussi symbolique. De ce point de vue le roman est une véritable réussite. Tableau d’un monde profondément inquiétant le récit est remarquablement construit et après le point final le lecteur continue à s’interroger.

Archibald PLOOM

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