Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
SEANCE 11 : DE LA GALANTERIE :

Il y a des jours avec et des jours sans...

Mon téléphone était déchargé au moment où j’ai réalisé que j’avais crevé sur un parking.

Heureusement il ne pleuvait pas, maigre lot de consolation, mais, dans ces cas là, on se réjouit de peu !

J’ai marché jusqu’à une station-service pour acheter un prêt-à-monter anti-crevaison, c’est la seule chose que j’étais capable de faire, repérer le bouchon de la valve sur la roue, visser l’embout de la bombe  et transvaser le contenu. Ensuite rouler  jusqu’au garage en priant pour que cela tienne.

Évidemment un samedi après midi, le garage près de chez moi était fermé.

Alors je suis rentrée à la maison  comme si de rien n’était.

Je savais  que ce n’était pas un mauvais rêve et que le lendemain en me levant  j’allais retrouver mon pneu à plat.

Les pensées magiques ne suffisent pas dans ces cas-là.

Pourquoi suis-je incapable de changer une roue ?

Il faut dire qu’avec la machine à visser  les écrous dans les garages, les roues ne risquent pas de s’envoler, et ce n’est pas avec ma force de crevette que je vais rivaliser avec ces robots.

Comme  je ne suis pas bâtie comme robocopwoman cela ne changerait rien que je sache ou non changer une roue !

Il y a des années quand je crevais, il y avait toujours un charmant  jeune homme  qui s’arrêtait, pour  me  prêter main-forte.

Maintenant non.
Je préfère penser que c’est un fait de société, l’égalité des sexes nous vaut de devoir nous débrouiller plus souvent toutes seules.

À la caisse, au moment de payer, le client qui était derrière moi, m’a gentiment expliqué qu’après avoir utilisée cette bombe du diable, mon pneu serait mort et qu’il faudrait en acheter un neuf. Mais il n’a pas proposé ses services pour sauver mon pneu en changeant ma roue !

Son sourire disait « Faible femme quand ça vous arrange… »
Moi je ne suis pas contre  le fait que l’on me tienne la porte et que l’on change ma roue !

Je n’y vois aucun signe de soumission  ou d’aliénation.

C’est fou comme une simple réflexion de ma psy  «  Vous pensez quoi de l’égalité des sexes ? » a pu faire remonter tout ça.

Un vrai sujet de bac et une vraie question identitaire.

La prochaine fois, une fois rentrée à la maison, je ne refilerai pas à mon mari le problème à régler.

Je  m’en chargerai  !

ALICIA RAHO (2011) Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

 Lire la séance 12

 Relire le feuilleton des séances depuis le début

-                                     -

---   Le Facebook d'Alicia RAHO 

---   Le site de l'illustratrice   

 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :