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LE LYS ET LE CADUCEE par François ISELIN :

   A l'époque de Louis XIV, la médecine s'occupait surtout du roi et des nobles. Le peuple, quant à lui, faisait appel aux guérisseurs et aux charlatans. La médecine était fondée sur des connaissances et des principes datant de l'Antiquité.
   Les Facultés de médecine, essentiellement celles de Paris et de Montpellier, enseignaient un savoir théorique, hérité des Grecs, et notamment d'Hippocrate. Comme remèdes, les médecins préconisaient de purger le corps à l'aide de vomitifs, de lavements, de clystères, d'émétique. Ils ordonnaient souvent des saignées, pensant qu'elles soulageraient le malade. Ils croyaient en les vertus curatives des plantes médicinales. Contre les fièvres, ils donnaient de la quinine à leurs patients.
   Des maladies, qui, aujourd'hui se soignent par des traitements bien connus, étaient alors incurables. Les médecins s'avouaient impuissants face à la peste, la tuberculose, le choléra, le typhus et les fièvres malignes. Ils ne connaissaient rien en matière de virus et de microbes. Les maladies infantiles causaient de nombreux décès. Les grossesses engendraient beaucoup de risques pour la santé des femmes.
   Les progrès les plus nets de la médecine provenaient des actes et de l'expérience acquise des chirurgiens. Ceux ci, par la pratique des autopsies, avaient une connaissance plus sûre de l'anatomie. Ils réussissaient à panser efficacement les plaies, à percer les abcès et à réduire les fractures. Les chirurgiens aux armées apportaient leur savoir, du fait qu'ils effectuaient beaucoup d'opérations sur les champs de bataille. Ils se montraient beaucoup plus proches des malades. Louis XIV leur accordait plus d'importance qu'aux médecins. Sous Louis XV, se détache la figure de La Martinière qui devient même le confident du roi. Il œuvre pour une meilleure formation des médecins et des chirurgiens.
    Au siècle de Louis XIV, la mauvaise hygiène était répandue, jusqu'à la cour du roi. Le monarque, bien qu'assisté par des médecins à son lever et à son coucher, de même qu'à ses repas, vivait dans un palais glacial, traversé de courants d'air, enfumé par des cheminées qui avaient un mauvais tirage. Versailles n'offrait pas une vie douillette, des journées bien au chaud, un bien-être pour le corps. Mme De Maintenon se réchauffait dans une guérite, installée dans ses appartements.
    Quant aux besoins naturels, ils se faisaient sur des chaises percées, à la vue de tous, et sous le nez des courtisans. Les latrines étaient encombrées et répandaient une odeur insupportable.
Le roi lui-même fit à de nombreuses reprises l'expérience de la médecine. Il a souffert de la goutte, a eu de l'urée dans le sang, a contracté le ver solitaire et la blennorragie, à la suite de son dépucelage. Les médecins ne purent rien faire contre la gangrène qui lui pourrit la jambe et entraîna sa mort.
    Toutefois, durant ce siècle, la médecine moderne a commencé à se profiler : les chirurgiens ont pris un ascendant sur les médecins. Ils ont effectué une timide tentative pour faire sortir la médecine de son ignorance et de ses pratiques archaïques. Ils ont fait évoluer de manière plus empirique leurs diagnostics. Ils ont donné de plus en plus d'importance à l'expérience médicale.
   François ISELIN, ancien chirurgien, dresse un état de la médecine sous les règnes de trois rois, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Il dépeint toutes les insuffisances de cette science qui ne sait pas encore traiter et guérir les maladies les plus graves. La science médicale se caractérise par son impuissance à comprendre les causes de nombreux maux qui affectent l'ensemble de la population, y compris les grands du royaume.

Archibald PLOOM

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Hugues DE SINGLY

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