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JE DIRAI MALGRÉ TOUT QUE CETTE VIE FUT BELLE de Jean D'ORMESSON :

     Où Jean d’Ormesson nous propose une manière de Mémoires sans en être. Où il oscille entre un Rousseau qui aurait de l’humour et un Chateaubriand rattrapé par Flaubert. Pour aborder une question qui a toujours été centrale dans son oeuvre : MOI ! On pourrait s’en offusquer, y voir la manifestation accablante d’un narcissisme démesuré, ce serait oublier un peu vite que notre d’Ormesson national est un véritable écrivain. Tout chez lui fait littérature ! Et à l’heure où les autofictions nauséabondes envahissent les médias on peut trouver courageuse la tentative de cet éternel jeune homme de plus de 90 printemps d’ouvrir son propre procès ! Jean, Bruno Wladimir François de Paule Lefèvre d’Ormesson comparait en effet devant un procureur coriace qui n’est autre que lui même. “Je dirai malgré tout que cette vie fut belle” ne serait donc décidément pas des mémoires mais renverrait aux minutes d’un procès. Le résultat est alerte, gai et plein d’esprit : “Je suis un écrivain français au temps où les écrivains français, hier encore triomphants à travers le vaste monde, sont en voie, sinon de disparition (…) du moins en déclin.”
D’Ormesson nous propose une plongée vertigineuse et tonique dans son passé tout en se livrant à un inventaire passionnant autour des écrivains qui l’ont influencé où qu’il a fréquentés. Un index permet d’ailleurs de pouvoir circuler dans cette oeuvre par noms d’écrivains ce qui ajoute au plaisir de la lecture et de la découverte. Le mode de l’interrogatoire de justice permet de conserver au fil des pages une tension qui rend la lecture parfois haletante. L’écrivain sait jouer des procédés syntaxiques et stylistiques qui permettent de garder son lecteur dans le prétoire jusqu’à la dernière ligne.
On retrouve au détour de certaines pages l’intensité dramatique de la fin des “Mémoires d’Outre Tombe”, l’épreuve du temps, la disparition des amis et des traditions, l’évolution de la langue, le vertige devant l’inéluctable qui s’avance. Un grand livre, un beau livre, un livre de vie.

Archibald PLOOM

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