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LES DIEUX DE l'OLYMPE de Sonia DARTHOU :

  Les douze dieux de l’Olympe naissent dans des conditions miraculeuses et surnaturelles. Ils sont de la même génération et forment une même famille. Chronos est le père de six d’entre eux. A leur naissance, il les avale les uns après les autres. Il les recrache ensuite grâce à un puissant vomitif administré par Zeus, le dernier né. Héra, Déméter, Hestia, Hadès, Poséidon et Zeus lui-même sont la progéniture de ce dieu monstrueux à qui l’on a prédit qu’il serait détrôné par son propre fils. Zeus, à sa naissance, est caché par sa mère, Rhéa, qui offre à manger à son ogre de mari une pierre emmaillotée comme un bébé.

Deux autres divinités, Phoebus et Artémis, naissent jumeaux, d’une liaison entre Zeus et Leto, une belle Titanide. Dionysos est l’enfant d’une mortelle, Sémélé, qui s'unit au maître de l’Olympe. Hermès est le fils de Zeus et de la nymphe Maïa. Zeus encore, accouche lui-même d’Athéna par une fente que lui a faite Héphaïstos dans sa propre tête. De sombres prédictions ont annoncé qu'il serait détrôné par l’enfant qui naîtrait de sa première épouse. Pour éviter ce destin, le roi de l’Olympe a avalé la rusée Métis, sa femme, mère d’Athéna. Aphrodite naît à l’aube du monde, de l’écume des vagues mêlée à des gouttes de sperme provenant du sexe tranché d’Ouranos. Héphaïtos est fils de Zeus et d’Héra.

Tous ces dieux sont victorieux des Titans, des Géants et des monstres qui les ont précédés. Ils supplantent également les premiers dieux grecs, fondateurs du monde originel, qui sont décrits dans les mythes théogoniques. Les nouveaux dieux règnent du haut de l’Olympe. Au sommet de cette montagne légendaire, ils restent invisibles aux yeux des hommes. A leur banquet, ils ne boivent que du nectar et de l’ambroisie, ils se nourrissent des offrandes faites par les humains. Leur nature divine les rend immortels et ils conservent une éternelle jeunesse.

Ce ne sont pas pour autant des figures abstraites. Ils ont tous forme humaine. Les dieux, et en particulier Zeus, Phoebus et Poséidon, ont un physique de grands séducteurs. Aphrodite est l'incarnation de la beauté féminine. Héra, Athèna, Artémis,  ne sont pas en reste. Héphaïstos porte toutes les marques de la laideur. Dionysos a le corps d’un jeune homme efféminé, alourdi par le vin.

Cependant, ces dieux aux formes humaines ont tous des attributs particuliers, marques de leurs pouvoirs surnaturels et de leur identité divine. Zeus brandit un éclair zébré pour déclencher la foudre et les pluies fécondantes. Phoebus frappe de ses flèches les mortels qui ont offensé les dieux. Il joue de sa lyre et il est entouré des Neuf Muses qui président à tous les arts. Hermès porte des sandales ailées car il est le dieu de la circulation, des voyages et du commerce. Il facilite les échanges au sens le plus large. Athéna symbolise l’intelligence et l’invincibilité dans le combat. Elle porte l’égide, une cuirasse faite de la peau de la chèvre Amalthée. Son bouclier est entouré de serpents, incrusté de la tête de Méduse, tranchée par Persée. Artémis, avec son arc et son carquois de flèches, règne sur la chasse. Déméter, divinité de la résurgence et de la fécondité de la nature, porte une gerbe de blé, une faucille et une corne d’abondance qui regorge de nourritures terrestres. Poséidon ébranle la mer et le monde terrestre avec son trident. Hadès porte le casque d’invisibilité car il cache les âmes des morts à la lumière du jour.

Les Olympiens partagent avec les hommes leurs faiblesses et leurs défauts. Ils succombent à toutes leurs pulsions sexuelles. Ils pratiquent couramment l’adultère et l’érotisme sous toutes ses formes. Ils harcèlent des déesses, des nymphes, des femmes ou de jeunes éphèbes. Ces prédateurs utilisent tous les artifices de la tromperie et prennent toutes sortes de formes pour mieux s’approcher de leur proie. Zeus se métamorphose en taureau blanc pour emmener la jeune princesse Europe sur son dos, il devient pluie d’or pour séduire Danaé. Il se transforme en aigle pour arracher avec ses serres le jeune et beau Ganymède.

Phoebus court après toutes les nymphes qu’il croise aux coins des bois :  Daphné échappe à ses assauts en prenant la forme du laurier, Cyrène, la belle chasseresse, est enlevée sur son char jusqu’en Libye. Le dieu séduit Hyacinthe, le jeune fils du roi de Sparte qu’il tue accidentellement avec son disque.

Hadès prend la forme d’un narcisse odorant pour attirer Perséphone, sa nièce, qu’il enlève et retient prisonnière aux Enfers. Ils pourraient tous faire l’objet de nombreux articles dans les journaux à sensation.

La jalousie et le désir de vengeance dominent le comportement des divinités qui se sentent offensées, trahies, trompées. Héra, déesse garante du mariage, cherche à punir toutes les amantes de son mari volage ou les hommes qui tentent de l’offenser. Elle métamorphose la nymphe Io en génisse, elle poursuit de sa fureur le héros Héraclès, né de l’union entre Zeus et Alcmène, une jeune princesse de Thèbes. Parce qu’il a tenté de séduire la femme de Zeus, Ixion est attaché sur une roue en flammes, qui tourne pour l’éternité. Héphaïstos, boiteux et déformé, fabrique un filet métallique pour retenir prisonniers sur le lit de l’adultère, sa femme, la superbe Aphrodite, « Miss Monde » antique, et l’athlétique, l’irrésistible Arès, ce dieu de la guerre au corps musclé. 

Les dieux grecs prennent part activement aux activités des hommes et de leurs cités. Ils en sont les fondateurs. Ils sont  les gardiens et les défenseurs de leur stabilité politique et sociale ainsi que de leur prospérité économique. La plus importante de ces cités, Athènes, a vu Athéna et Poséidon se concurrencer pour exercer leur tutelle sur la ville. La déesse a gagné l’ élection grâce au vote des femmes. Elle a fait surgir un olivier sur le sol aride de la cité alors que Poséidon a fait venir un flot d’eau salée sur l’Acropole. Les Athéniens organisent tous les quatre ans les grandes  Panathénées en l’honneur de leur déesse fondatrice.

D’autres jeux, à base de compétitions artistiques et sportives sont célébrés à intervalles réguliers pour entretenir ces liens permanents avec les dieux. Les principaux sont les Jeux Olympiques dédiés à Zeus, les Jeux Isthmiques consacrés à Poséidon et les Jeux Pythiques voués à Phoebus.

Dieux et déesses prennent part aux guerres et aux conflits qui opposent les cités comme en témoignent notamment tous les récits de « l’Iliade » consacrés à la guerre de Troie. Au final, la vie des hommes et de leurs cités s’entremêle de façon permanente et subtile à celle des dieux. 

Le livre de Sonia Darthou, maître de conférences à l’université d’Evry-Val-d’Essonne, nous transporte, à chaque page, dans le monde riche et foisonnant de la mythologie de la Grèce antique. Il met aussi à jour tous les liens tissés entre les hommes des cités grecques et les dieux de l’Olympe. Il nous donne en permanence l’envie de lire ou de relire les grandes œuvres littéraires qui sont immergées dans cet univers passionnant : « L’Iliade » et « L’Odyssée » bien sûr, mais aussi « Les Métamorphoses » d’Ovide, les tragédies d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide qui imprègnent au cours des siècles toute notre culture et notamment le théâtre, la peinture ou la sculpture. Ce monde de légendes est d’une richesse infinie.
Hugues DE SINGLY

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