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PEREIRA PRÉTEND de Pierre-Henry GOMONT d’après Antonio TABUCCHI :

 Dès le titre on s’interroge sur ce Pereira, que prétend il d’ailleurs? 

Lisbonne, été 1938, sous la dictature Salazariste Doutor Pereira mène une existence tranquillement monotone dans une ville agitée et suffocante dans laquelle tout le monde semble surveillé.

Son quotidien prosaïque et habituel va prendre une tournure inattendue par un concours de rencontres et lectures qui vont modifier ses pensées et le faire s’interroger sur son existence toute entière.

Pereira c’est cet homme hanté par son passé, occupé par ses habitudes et directeur de la rubrique littéraire du Lisboa un journal ‘apolitique’. À la rencontre de jeunes gens, il va petit à petit s’éveiller et toute son existence va se trouver bouleversée. 

C’est une histoire sur les petites révolutions intérieures, comment elles naissent et grandissent jusqu’à engendrer des changements irréversibles. On voit d’ailleurs se matérialiser sous forme de Pereira miniatures la multitude de pensées qui vont l’accompagner.

 

Qu’il est agréable de se perdre avec Pereira et se croire à Lisbonne le temps d’une lecture. Le bleu éclatant du ciel, l’architecture au style manuélin et les citronnades pour apaiser la chaleur étouffante de la ville en été. Gomont réussit brillamment à nous plonger dans cette ville, les détails de l’architecture, le linge qui sèche aux fenêtres jusqu’aux odeurs de poisson frit. Cette bande dessinée se lit comme on chemine, elle nous fait voir l’évolution de cette homme dans sa quête existentielle. 

Ce qui fait la force de Pereira ce sont tous ces personnages secondaires, qui vont l’influencer et le mettre sur la voie de la rébellion et lui donner un courage qu’il ne soupçonnait pas. Que ce soit dans la fougue de la jeunesse incarnée par Francesco et Marta, dans la sagesse du prêtre ou dans les conseils avisés du Dr Cardoso.

Cet album célèbre la vie, et voit ce personnage solitaire et en mauvaise santé s’éveiller et s’engager. Ce veuf qui parle au portrait de sa femme éternellement jeune et qui vit dans son passé idéalisé va trouver un moyen de se réaliser et s’exprimer. Les couleurs sont franches et s’éclairent au gré des rencontres jusqu’à disparaitre pour évoquer le deuil et la perte.

L’auteur rend un hommage magistral à Tabucchi dans cette adaptation de son roman à succès publié en 1994, ce choix résonne avec l’actualité et rappelle que les oeuvres se font l’écho d’une époque mais résonnent aussi selon leur contexte de publication. Si Pereira s’oppose au régime de Salazar, Tabucchi s’indignait contre Berlusconi, Gomont perpétue l’engagement et cet album vibre encore puissamment tant que les démocraties et libertés sont mises à mal. 

MARIE SATOUR 

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