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L’ENFANT QUI MESURAIT LE MONDE de Metin ARDITI :

Metin Arditi, écrivain francophone d’origine turque nous propose avec “L’enfant qui mesurait le monde” une oeuvre romane construite autour d’un triptyque   plein du tragique de l’existence et d’une humanité baignée par le soleil grec de Kalamaki, une île dévastée par la crise.  D’abord, il y a le petit Yannis qui explore les profondeurs du silence, coupé du reste  du monde dans  un autisme  abyssal.  Quand il pense à une personne, il ne se souvient pas d’un nom mais d’un nombre. Il connait exactement le poids de poissons que les pêcheurs rapportent chaque jour au port.  Il se souvient de tout dès lors qu’il s’agit de mesurer. “ Sur l’île, tout le monde pêchait, mais ceux qui en faisait profession n’étaient plus que cinq.  Yannis avait attribué un numéro à chacun et calculé leur ordre d’arrivée sur une moyenne de cent jours.” A sa manière il est un génie seul et incompris, enveloppé dans un voile épais de solitude.

   Il y a aussi Maraki la mère de Yannis,  qui chaque jour  se lève avec le soleil  de la Méditerranée  pour aller pêcher à la palangre,  pêche  qui exige des trésors de techniques et de patience. “ Elle n’en pouvait plus.  A chaque instant il y avait un pacte à respecter.  Et en retour, rien. Ni geste ni sourire.  C’était cela, sa vie. Des pactes à n’en plus finir et des heures à s’esquinter en mer.  Elle aurait pu choisir la pêche au filet. Par comparaison à la palangre, c’était le grand confort. Mais elle n’aurait rien attrapé de bon.” Maraki est une mère courage qui use sa vie dans un combat dont seule la Méditerranée peut fixer le tribut.

   Le dernier personnage du triptyque est Eliot, un architecte retraité qui vient de perdre sa fille Eurydice et dont il veut prolonger la quête : trouver  le Nombre d’Or.  Eliot a prit en amitié le petit Yannis à qui il raconte les grands mythes de l’Antiquité et la vie des Dieux grecs.  “Il raconta pourquoi Thétis avait plongé son fils dans le Styx en l’agrippant par son talon et qu’à cet endroit il serait plus tard atteint par une flèche mortelle.

-      Il aurait dû mettre une petite armure autour de son talon, dit Yannis. Il ne serait pas mort.“

Entre ces trois personnages, dans un pays en plein bouleversement, battu par les vents mauvais de la crise économique, des liens très forts vont se tisser.  Arditi nous convient au café Stamboulidis, chez Nektarios le coiffeur pour dames ou chez Vassilis le mareyeur. Le lecteur partage un peu du sol grec, profite de la bonne odeur des dorades grillées et se promène sur la côte de Kalamaki au soleil levant.  “L’enfant qui mesurait le monde” est une ode à la beauté d’une Grèce éternelle, au coeur immense et à la générosité millénaire qui demeure inexorablement elle même malgré les évènements qui l’ébranlent.  Le lecteur ne quitte pas ce roman, il prolonge son séjour à Kalamaki…

Archibald PLOOM

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