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DAY NUMBER 24 :

11 juin 2016, ........  : Cette fois, j’en suis certaine, vous avez pénétré dans ma vie. Je le pressentais depuis quelque temps. Les signes se multipliaient. Déjà, je vous ai glissée en fond d’écran de mon ordinateur et chaque matin, je me retrouve face à vous, ou plus exactement vous m’offrez votre profil, peint par Vanessa. Je sens alors la force de votre étrange beauté, notamment dans la courbe de votre bouche, la pâle clarté de votre teint et la longueur de votre cou qui confère une élégance atemporelle à votre port de tête. Sur votre visage, apparaissent à la fois une évanescence et une volonté farouche. Vous observer de profil est peut-être la meilleure façon de vous connaître : votre visage tranche l’air, avance droit devant et pourtant quelque chose semble vous retenir. Ce rendez-vous matinal avec vous est, disons-le, presque rituel désormais mais ce qui me trouble le plus, c’est que vous apparaissez aussi dans ma vie de façon involontaire : pas seulement le matin au bureau ou le soir dans les cartes postales posées sur mon étagère, mais de façon inattendue. Ainsi, le premier livre que je croise sur le marché de la Poésie est un recueil de poèmes de John Donne. J’ouvre les pages pour grappiller quelques vers et je m’aperçois que vous êtes l’auteur de la préface. Et quelle préface ! Hypnotique, envoûtante, votre lecture accroche chaque poème au vif du quotidien. C’est une véritable private joke. Je reprends ensuite la voiture pour quitter Paris et j’écoute à la radio une émission sur Jane Austen. Immédiatement, on vous cite. Le lien est établi entre vous et elle : vos façons de dénoncer la situation des femmes, vos emplois narratifs de la focalisation interne qui font que vos récits gagnent en intensité intérieure.  Je commence par me dire que je deviens complètement obsessionnelle. Le soir en feuilletant discrètement une revue, je tombe sur un titre qui me coupe le souffle : « Ma vie avec Virginia ». Je ne suis donc pas la seule. C’est donc contagieux ! J’étais prête à refermer rageusement le périodique, me sentant soudain très banale, quand j’ai aperçu le nom de Léonard. Enfin traduites en français, et publiées en édition de poche, ses pages sur sa vie avec vous entraient, potentiellement dans ma bibliothèque, ce 11 juin 2016. Avouez que trois événements woolfiens dans une même journée ont de quoi troubler. J’ai évidemment, toutes affaires cessantes, couru chez mon libraire pour acheter illico le livre de Léonard mais tous les exemplaires avaient déjà été vendus. Vous êtes devenue la coqueluche de tous ceux qui veulent échapper à l’Euro de football et faites un excellent antidote. Vous laissez beaucoup de traces autour de moi. Je sens que nos cent années de distance n’affaiblissent rien. Vous ne lâchez pas, ni ne restez dans l’ombre. Je m’en réjouis. Je pardonne même à Léonard de m’avoir plagiée par anticipation. Mes cent jours à côté d’une vie ne font, il est vrai, pas le poids. Continuez à me faire signe ! Ces petites balises sont réjouissantes et m’éclairent au quotidien. Je sens alors que je suis dans une histoire qui me dépasse tout en faisant résonner la mienne. J’ai besoin de ces petites pierres déposées pour m’inventer un nouveau chemin. 

Marcelline ROUX

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