Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
LA DANSE DES VIVANTS d’Antoine RAULT :

  Antoine Rault nous propose, avec “La danse des vivants” un roman qui tire l’essentiel de sa sève de l’histoire, celle qui transforme les hommes en boules de billard dans une partie dont personne ne sait vraiment comment elle pourra se terminer.

L’écrivain retrace avec un extraordinaire talent littéraire la trajectoire chaotique  et totalement hors de contrôle d’une jeune officier amnésique : Charles Hirscheim. 

Comment  vous appelez-vous ?” 

Nous sommes en 1914, au début de la première guerre, et  Charles ne se souvient plus de son nom et de son prénom. Les séances d’électrochocs ne font d’ailleurs qu’accentuer sa confusion. Totalement amnésique  après qu’on l’ait retrouvé sur le champ de bataille presque complètement immergé dans la boue. Pas de veste de son régiment, pas de plaque militaire, rien …  Chien perdu sans collier. 

   A l’hôpital on s’aperçoit qu’il parle aussi bien la langue de  Goethe que celle de Molière.   Charles est, en effet, un esprit brillant, un jeune normalien à qui la guerre vient proposer un destin funeste.  Au fil des lignes on découvre que son père,  un puissant banquier parisien,  le déteste au point de faire mine de ne pas le reconnaître quand on lui présente le jeune soldat.  Cette situation n’échappe pas aux officiers du deuxième bureau qui n’hésitent pas à profiter de la situation : puisque cet officier prometteur n’a ni famille ni identité autant en faire un usage militaire. Il vont ainsi l’infiltrer dans l’armée allemande sous une fausse identité mais il finira par être démasqué par les services secrets allemands.

   Rault réussit avec beaucoup de talent à dépeindre la guerre du côté allemand et en particulier l’affrontement avec une Russie  secouée par la révolution bolchévique.  Le travail de documentation est tout à fait remarquable. L’écrivain réalise une fresque romanesque où aucun détail historique n’est négligé, jusqu’au bonnet de nuit de Clémenceau. L’affrontement des idéologies, l’hypocrisie des états majors, la bêtise du nationalisme porté à l’incandescence, sont décrits avec un réalisme qui fait parfois froid dans le dos.  La pathologie dont souffre Charles en fait le pantin des intérêts supérieurs des belligérants et en particulier des services secrets qui agissent sans vergogne.  

On retrouve dans “La danse des vivants”  la force  des romans d’un Jules Romain même si ceux qui entourent Charles Hirscheim ne sont pas vraiment des hommes de bonne volonté.  Au terme de notre lecteur on pense à ce vers de Shakespeare tiré de Macbeth : “La vie n’est qu’une ombre errante ; un pauvre acteur qui se pavane et s’agite une heure sur la scène Et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, Et qui ne signifie rien. » C’est sans doute la grande qualité de ce roman : montrer comme l’Histoire brise le destin  de jeune gens dont l’avenir  promettait d’être radieux.  Mais il arrive heureusement que la vie vous redonne une  belle carte à jouer…

Archibald PLOOM

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir.

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter    

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :