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L’AUTRE QU’ON ADORAIT de Catherine CUSSET :

  L’autre qu’on adorait” est un beau titre de roman tiré d’une des plus belle chanson de Léon Ferré :

Avec le temps...

Avec le temps, va, tout s'en va

L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie

L'autre qu'on devinait au détour d'un regard

Entre les mots, entre les lignes et sous le fard

D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit

Avec le temps tout s'évanouit

    C’est bien contre le temps qui efface tout que veut lutter Catherine Cusset, ce temps qui pourrait faire disparaître la silhouette de Thomas Bulot, un ami très cher de l’écrivain, qui était parti enseigné aux Etats-Unis et s’est suicidé à trente neuf  ans à Richmond en Virginie.  Catherine Cusset revient sur la vie de celui qui fut, un temps, son amant et pour qui, des années après, elle continuait de nourrir une profonde affection.  Catherine a réussi le concours de normale sup alors que Thomas le manque deux fois.  Il n’empêche Thomas est un spécialiste de l’oeuvre de Proust,  un  grand connaisseur de musique classique et de cinéma au point que l’université  de Columbia à New-York lui ouvre ses portes.  Rien ne semble lui résister, il finit même par être recruté par une université  américaine.  C’est un garçon brillant intellectuellement et un véritable séducteur auquel beaucoup de femmes auront succombé. 

   Pourtant cette trajectoire, que beaucoup envient à l’époque, va progressivement décliner. Sur le plan universitaire son travail manque de continuité et il ne parvient pas à entamer la carrière qu’il ambitionnait dans une grande faculté.  Dans le domaine amoureux, les conquêtes se succèdent sans déboucher sur quoi que ce soit sinon une course en avant sans fin.  Thomas se met à boire, à vivre au dessus de ses moyens, à retarder les travaux de recherche qui devaient faire sa réputation.  Il s’avère que cet  intellectuel brillant est bipolaire et qu’il est en train de sombrer dans un cycle maniaco-dépressif.  Ses amis s’éloignent, sa famille est impuissante et Thomas a beau rencontrer psychologue et   psychiatre chaque semaine, rien ne semble pouvoir arrêter la vrille qui l’entraîne  vers la dépression . L’augmentation des prises médicamenteuses ne produisent que des effets momentanés. Thomas fonce vers un destin tragique sans que personne ne puisse rien y faire, pas même lui, pas même la narratrice.

   “L’autre qu’on adorait” est le roman d’une question, celle, éternelle du lien qui nous attache à l’autre, à celui ou à celle qui compte pour nous.  On retrouve le style vif de Catherine Cusset, le rythme alerte de sa phrase, la densité de son texte. Un roman magistral, profondément psychologique où la mort est mise à distance par l’écriture sans que sa charge tragique ne soit jamais éludée.  Sans doute l’un des romans les plus abouti de Catherine Cusset et l’un des meilleurs de la rentrée littéraire.

Archibald PLOOM

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