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LA SILHOUETTE DE L’HUMAIN de Daniel ANDLER :

  Où en est le naturalisme aujourd’hui ? Ceux qui l’identifie comme une vieille thèse philosophique bonne à ranger au grenier des idées obsolètes en seront pour leur frais au terme de la lecture de « La silhouette de l’humain » sous titré « Quelle place pour le naturalisme dans le monde d’aujourd’hui ? »  Daniel Andler nous propose une vision renouvelée de ce courant qui a su puiser au sein des sciences cognitives, des neurosciences, la biologie évolutive, autant d’approches théoriques qui ont permis de faire avancer l’idée de naturalisme. Pour Daniel Andler être  naturaliste, c’est affirmer que «la nature embrasse tout ce qui existe». Mais c’est aussi considérer que «les sciences de la nature sont la source unique de connaissance véritable».  D'aucuns y verront la manifestation d’un scientisme un peu manichéen  mais  pour le philosophe  le naturaliste défend une «conception modeste de l’humanité» comme faisant intégralement partie de la nature. Le philosophe explique par exemple  que les  neurosciences  depuis une trentaine d’années s’essaient à  naturaliser l’esprit humain ;  mémoire, raisonnement, compréhension du comportement d’autrui, autant de fonctions cognitives, que la philosophie prenait jusqu’à maintenant en charge, sont aujourd’hui renvoyées aux mécanismes biologiques qui les génèrent. Nous savons  aussi maintenant que  le cerveau humain résulte d’un processus adaptatif grâce aux avancées de la psychologie évolutionnaire mais  pour l’auteur, il n’existe à ce jour aucun consensus sur l’architecture de l’esprit ni sur le fonctionnement de la conscience. 

   Toutes  ces recherches  contribuent  à alimenter le naturalisme contemporain tout en  provoquant simultanément  une instabilité  face à la moisson de faits et de connaissances  qu’elles génèrent.  Daniel Andler  propose cependant «ne pas prendre les propositions et résultats de la science pour argent comptant». Pour lui la perfection n’a rien à voir avec la réalité  du travail  scientifique. Andler défend un pluralisme scientifique permettant de redessiner la silhouette  de l’humain à travers un naturalisme  qui conserverait toute sa charge critique et qui ne prétendrait pas régir le monde. Le philosophe suggère qu’ajouter une touche de pragmatisme à son naturalisme  permettra  à la philosophie, à la science et à l’action de progresser ensemble  une fois que sera tombée la fausse dichotomie entre un naturalisme antihumain et un humanisme antinaturalisme.

« La silhouette de l’humain »  se présente comme une enquête philosophique passionnante qui  permet de synthétiser  toutes les avancées et les oppositions  qui travaillent le naturalisme contemporain.  De cette lecture naît un sentiment d’urgence  et de nécessité, celle de poser une solide  réflexion sur un monde  dans lequel la naturalisation technologique et le naturalisme développé par la science semble parfois s’autonomiser  sans être vraiment pensé. Un ouvrage exigeant mais indispensable. 

Archibald PLOOM

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