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ESCALIER TROIS d’Eduard VON KEYSERLING :

   “Les Brükmann appartenaient à une vieille famille de la noblesse terrienne de Prusse-Orientale. La plupart du temps bons agriculteurs, bons chasseurs, bons cavaliers, de beaux hommes  aux larges épaules et à l’épaisse barbe blonde, ils ne se souciaient pas beaucoup du savoir intellectuel. Tous se mariaient tôt, se consacraient à leur domaine ou rentraient dans l’armée.” En quelques mots Eduard Von Keyserling   dessine les contours d’une grande famille  prussienne  dont l’un des fils, Lothar, quitte la propriété pour se rendre à Vienne. Débute alors une vie mondaine entre oisiveté et plaisir mais pas seulement…  

   La particularité de ce roman publié par les éditions Jacqueline Chambon  tient au fait que son auteur, Eduard Von Keyserling, est mort il y a un siècle.  Né en Lettonie en 1855 , il jouera un rôle de premier plan dans la société munichoise  de la Belle Epoque mais mourra en 1918 d’une maladie de la moelle épinière.   L’ensemble de son oeuvre romanesque est rassemblée sous le titre “Histoire de château” que Jacqueline Chambon et les éditions Acte Sud  ont publié et rassemblé  dans un Thésaurus.    Escalier trois” est l’un des meilleurs romans de cette oeuvre prolifique et inspirée  qui prend  le poul  d’une aristocratie  qui se dissout lentement.  Lothar Von Brükmann va se détourner de son milieu en devenant l’un des rédacteurs de “L’Avenir”, un journal social-démocrate qui développe des positions très progressistes à des années lumière de la tradition familiale dont il est issu. Parallèlement  à son engagement  Lothar va tomber amoureux de Tini, la fille  de sa concierge, mais il ne parvient pas à combler  le fossé social qui les sépare.  Malgré l’idéal qu’il défend  le jeune homme  reste prisonnier  de ses origines.  Il va alors basculer dans l’activisme politique et la guerre fratricide que se livrent à l’époque révolutionnaires modérés et anarchistes.

   Keyserling  dans un style profondément naturaliste nous propose une peinture sans concessions de la Vienne impériale où se cache sous une sociabilité  faussement légère  et gaie,  des intérêts  pour lesquels  les passions les plus matérialistes se déchaînent sans cesse.  Toutes les strates de la société viennoise sont étudiées avec une précision sociologique et un style littéraire  remarquablement rendus par la traduction de Jacqueline Chambon.  Escalier 3” constitue à ce titre une excellente manière d’entrer de plain pied dans une oeuvre qui fut trop longtemps négligée en France.

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