Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
A LA TABLE DES DIPLOMATES Sous la direction de LAURENT STEPHANINI :

  On dit que Talleyrant affirmait que, lors des grandes négociations diplomatiques, il fallait lui fournir des cuisiniers plutôt que des diplomates. Il y a sûrement une part de vérité dans cette affirmation et ce n’est pas le magnifique ouvrage intitulé “A la table des diplomates” auquel ont contribué sept grands chefs et six historiens de renom sous la direction de Laurent Stephanini qui contredira cette idée.  

   Raconter l’histoire diplomatique sous l’angle des repas organisés  de l’époque de François Ier à la Cop 21  aurait pu paraître une gageure si le travail  conjoint des historiens et  des grands chefs ne la rendait pas profondément passionnante. L’ouverture des fonds d’archives du service de protocole du Quai d’Orsay  et de l’Elysée a permis de faire resurgir du passé une série de menus accompagnée de documents inédits et d’une iconographie exceptionnelle. Tout au long de l’ouvrage on  devine la volonté de la France de défendre son indépendance nationale, ses valeurs humanistes et sa conception du monde. “Il n’y a que deux façons de voir le monde” disait en substance,   Napoléon , “l’anglaise et la française”. La  “française” a pour elle la qualité de la table, le “repas gastronomique des Français” a d’ailleurs été reconnu depuis 2010 par l’Unesco comme élément du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

   Si le mot “diplomate” n’apparaît qu’à la fin du XVIIeme siècle l’utilisation de la table comme outil de diplomatie n’est pas une nouveauté en soi. Depuis les fastueux festins de la cour de Bourgogne au XV eme siècle jusqu’aux réceptions de François Mitterrand les gouvernants ont toujours fait usage  de tables prodigues pour servir leurs causes.  La réputation d’excellence et de modernité de la cuisine française ne fera que croître durant  les siècles devenant un maître atout pour la table des diplomates  et dont Talleyrant fera  grand usage durant le Congrès de Vienne.

   A travers  un va-et-vient érudit entre le passé et le présent le lecteur  découvre l’histoire du repas “à la française” et il faut reconnaître  que cette manière fort roborative d’aborder l’histoire… Un beau livre qui se dévore de la première à la dernière page.  

Hugues DE SINGLY

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera alors envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir. La santé du livre dépend de la santé des librairies. 

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique      

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :