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1918 – L’ETRANGE VICTOIRE Jean-Yves LE NAOUR :

    La victoire des forces de l’entente en 1918 ont laissé imaginer à beaucoup que la victoire avait été longue à se dessiner mais qu’en cette dernière année de conflit l’Allemagne n’était plus que l’ombre d’elle même. Que nenni! C’est ce que démontre l’ouvrage de Jean-Yves Le Naour intitulé “1918” qui clos la magnifique série qu’il nous a proposée sur la guerre de 14-18.  Tout tient dans le sous titre de ce volume : “L’étrange victoire”. Car contrairement à la petite musique de notre histoire nationale, tous les clochers  de France ne sont pas mis à  sonner la victoire le 11 novembre au terme d’une année militaire flamboyante, loin de là. L’historien pointe les événements contraires  : bombardement de Paris, une paix signée avec la Russie Bolchévique  qui libère un million de soldats allemands sur le front de l’Ouest, et une nouvelle offensive des troupes de Guillaume II sur la Marne. Rien qui rendrait un état major optimiste d’autant que les rivalités entre les généraux français  Pétain et Foch et l’anglais Haig s’exacerbent…

   L’ouvrage de Le Naour, comme ce fut le cas dans les précédents volumes de la série, s’intéresse particulièrement  aux coulisses politiques de cette interminable conflit, les militaires voyant leurs  prérogatives réduites au profit du président du conseil français, Clémenceau et du premier ministre britannique, Loyd George. 

   A travers un texte serré qui relie des événements  nombreux et  souvent complexe Le Naour  parvient a dresser un panorama  passionnant sur ces derniers mois de guerre où l’état major allemand va développer une incroyable  politique de dissimulation et où des généraux aussi durs et respectés que Ludendorff, l’inventeur du concept de “guerre totale”,   vont en arriver à offrir leur démission à l’empereur.  La guerre a saigné à blanc l’Allemagne, les soldats crèvent de faim et le nombre de morts au combat laisse penser qu’il y aura bientôt plus de mitrailleuses que de mitrailleurs dans l’armée impériale. Les premiers refus de monter au front se sont manifestés en mai 1918 dans l’armée allemande.  Quand les unités en retraite en croisent d’autres qui montent à l’assaut, elles les insultent , les taxent de “briseurs de grève” et de “prolongeurs de guerre”.  C’est la fin. La durée a été défavorable à l’armée de Guillaume II qui ne bénéficie pas de troupes fraîches comme ce fut le cas des français et des anglais qui voient des milliers de soldats américains débarquer chaque jour dans les ports français.

   Cette remarquable conclusion, d’une série historique qui fera date, nous permet de mieux saisir les enjeux d’un moment clef de ce conflit, ces quelques mois où le destin bascula  à l’Ouest  et où s’effondra définitivement le monde des Empires. 

Hugues DE SINGLY

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