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LE PRINTEMPS DES CORBEAUX de Maurice GOUIRAN :

   Le chemin qui mène à l’enfer n'est-il pavé que de bonnes intentions ?  Voilà une excellente question qui ressemble comme deux gouttes de sang à un polar de Maurice Gouiran dont l’oeuvre ne cesse de s’approfondir, explorant avec délice les recoins les plus sordides de la société hexagonale et de l’histoire de France.  Le ressort  littéraire  de Gouiran est quasi naturaliste et Zola n’aurait  pas renié cet infatigable prosateur dont le ressort créatif trouve dans le roman noir  un extraordinaire  exutoire.

  Après “Une nuit trop douce pour mourir” et “Maudits soit les artistes” Gouiran nous propose avec  “Le printemps des corbeaux” un roman dont l’immoralisme n’a d’égal que l’ignominie de certains personnages qui occupèrent en leur temps les premiers rangs de la haute administration puis des bancs de la justice. 

   L’action se déroule à Marseille et débute en mai 1981 peu de temps avant l’élection présidentielle qui allait voir François Mitterrand franchir la plus haute marche de la République.  Le personnage principal s’appelle Louka et  question parenté il sait qu’il devra plus compter sur ses amis que sur ses parents.  Sa mère n’est plus qu’un fantôme dans son existence et son père était un mauvais braqueur qui l’a payé de sa vie.  Le jeune homme accumule les petits boulots et les combines de quartier mais le surgissement d’un événement qui plonge ses racines dans les remugles de la seconde guerre mondiale va lui donner une vilaine idée.  C’est en effet en découvrant un gros titre  du “Canard Enchaîné” que  Louka va découvrir les prémisses de ce qui deviendra quelques années plus tard l’affaire Papon.

   Louka est un garçon  intelligent, il a compris ce que la vie lui réservait s’il ne pigeait pas plus vite que les autres.  Il ne joue pas au malin, il ne frime pas mais quand il passe à l’action il faut lui reconnaître une efficacité certaine. Il va, à sa manière, entrer dans l’histoire et si le chemin qui mène à l’enfer n’est pas toujours pavé de bonnes intentions, il faut aussi reconnaître que le vice qui s’attaque à un vice bien pire peut finalement être récompensé.

   Point de vertu dans ce récit mené tambour battant.  Les amateurs des romans de Gouiran y retrouveront sa prose millimétrée et son sens de la formule ainsi qu’un travail de documentation historique qui caractérise son approche romanesque.  Ceux qui ont connu les années 80 revivront avec délice l’ambiance de l’époque et les autres la découvriront.  Seconde guerre mondiale,  guerre d’Algérie,  décolonisation mal digérée, sont autant de thématiques qui traversent une oeuvre  où les corbeaux se bousculent au portillon.  Pour qui ne connait pas encore Gouiran “Le printemps des corbeaux” est l’occasion de faire une belle rencontre au café du roman noir quant aux habitués, ce seront, pour eux, des retrouvailles heureuses !

Archibald PLOOM 

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