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SEANCE 14 : LA PERTE :

« Vous savez , j’ai terriblement peur de le perdre.  Qu’il meure... »

Elle m’a regardée sans rien dire.

Puis a ajouté après un long silence.

« Vous  pensez que vous ne seriez pas capable de vivre seule ? »

Je trouvais la question incongrue.

Je n’avais pas peur de vivre seule, enfin si mais ce n’était pas là le propos. Je voulais simplement lui signifier que quand on aime quelqu’un c’est horrible d’imaginer le perdre. Que du jour au lendemain il n’existe plus et que le nous prenne fin, que les souvenirs deviennent douloureux.

Quand mon père est mort, c’était une délivrance car cela faisait des mois que le cancer le rongeait.

Mais dans l’immédiateté de la mort il y a ce vide soudain.

Et cette prise de conscience terrible : il ne sera plus jamais là.

Pourquoi s’imaginer perdre l’aimé ?

Un accident de la route peut vous l’enlever ou  un arrêt du cœur.

Pourquoi penser cela ?

Je ne suis pas superstitieuse, penser les choses ne les provoque pas, mais y penser n’empêche pas non plus que cela puisse advenir.

Est-ce qu’imaginer perdre l’amour, renforce ce sentiment amoureux ?

Est-ce que ce n’est pas une forme de masochisme ?

Quand on se retrouve dans les bras de l’aimé qu’on s’imaginait avoir perdu, on est soulagé qu’il soit vivant et exalté de le retrouver.

Être amoureux ne devrait en aucun être lié à la peur, ni à la dépendance.

Il faudrait aimer l’autre pour lui, non pour soi.

L’aimer pour lui, signifierait être capable de l’aimer au-delà de notre intérêt.

Qui peut assurément affirmer qu’il offre cette forme d’amour à l’autre ?

L’amour est égoïste , exigeant, personnel, égocentrique, possessif, exclusif… la liste est sans fin ni loi .

A m’entendre on penserait que je dénigre l’amour.

Je ne peux envisager ma vie sans amour.

Je crois que la vie sans amour,  est triste, vide de sens, étroite, limitée.

Je conçois l’amour comme une ouverture, une liberté, un envol, une multitude de bulles multicolores qui vous éclatent à la figure en vous étourdissant un peu.

J’œuvre pour aimer au sens noble du terme.

Pour ne pas rendre l’autre prisonnier de mon amour, pour lui donner des ailes et pour me sublimer.

Mais rien de tout cela ne peut empêcher de perdre l’autre à jamais et je ne peux oublier cette atroce réalité.

Elle a conclu la séance en me disant :

« J’entends bien tout cela et la prochaine fois nous parlerons du fait de vivre seule... »

ALICIA RAHO (2011)Texte extrait de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

Lire la séance 15

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