Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
LE MUSEE DES POISSONS MORTS de Charles D’AMBROSIO :

    La collection de  Terres d’Amérique” dirigée par Francis Geffard  ne cesse de nous proposer des textes nord américains qui sont autant de découvertes littéraires bouleversantes. C’est encore le cas avec la réédition de ce remarquable recueil de nouvelles  de Charles d’Ambrosio intitulé “Le musée des poissons morts”.  

   On sait qu’il est toujours très risqué pour un éditeur de publier des nouvelles en France, le lecteur hexagonal n’appréciant que très modérément ce genre littéraire et on peut sincèrement le regretter. La nouvelle est une tradition américaine qui a sa valeur en soi et qui peut servir aussi d’antichambre au roman.

   Charles d’Ambrosio est originaire de l’état de Washington, région composée de forêts et de lacs profonds copieusement arrosés de pluies rarement intermittentes.  Le genre d’endroit qui peut rapidement vous entraîner au coeur de la mélancolie. C’est sans doute la raison pour laquelle les gens s’occupent beaucoup dans la région de Seattle :  Boeing, Amazon, Microsoft, Starbuck. Vivre sur le versant pluvieux de l’Amérique donne finalement des idées...

   Les nouvelles de Charles d’Ambrosio sont autant d’introspection du quotidien des personnages qui peuplent ses nouvelles. Des êtres plutôt ordinaires immergés dans des existences généralement très simples.  Mais il y a toujours une trouvaille qui éclaire le récit, une idée qui fait tout basculer y compris les conventions. “A l’orphelinat j’avais deux projets. Je lisais l’encyclopédie, me frayant un chemin à travers toute l’étendue de la connaissance accessible à l’homme, comme disait l’introduction . J’avais commencé par Ignace de Loyola, puisque c’est de lui que je tiens mon prénom, et par l’Inquisition ce qui m’a aussitôt confronté au problème de la torture.” Chaque nouvelle recèle une charge d’intelligence et d’esprit qui finit inéluctablement par exploser entre les lignes.  D’Ambrosio est un styliste, un sculpteur du réel  qui fait courir sous la pointe de sa plume une beauté pure et un peu désespérée.  Il scrute l’âme humaine avec une justesse et un sens de la formule  qui  fait toujours mouche et on se prend   à remercier  la pluie drue  et le brouillard épais de l’Etat de Washington qui  nous offrent  un immense écrivain. 

Archibald PLOOM

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter     

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE    

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :