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VENT DE BOULET de Sylvie DUBIN :

    La comédie inhumaine de la guerre décime généralement une génération avant d’être rapidement oubliée par les suivantes. Alors rien de mieux que la littérature pour nous replonger dans ces heures terribles pleines de bruit et de fureur.  Les treize fables que nous propose Sylvie Dubin avec ce “Vent de boulet nous plongent  au coeur de la première guerre mondiale à travers le destin de gens tout à fait ordinaires, des gens auxquels nous aurions sûrement ressemblé à la même époque.

  Où l’on redécouvre certaines réalités que le temps avait effacées : “ P.C.D.F  Abréviation de pauvres couillons / cons  du front” désignant des fantassins.  Elle est employée au cours de la guerre par les combattants eux-mêmes et dénonce implicitement les “embusqués” qui arrivent à échapper au front  et au  danger.” L’écrivain nous rappelle au fil des pages que derrière la célébration héroïque d’un conflit qui saigna la France à blanc se cachait des réalités peu reluisantes mais aussi de menues joies et de grandes peines.  L’écriture pleine de retenue de Sylvie Dubin  redonne vie à ses  destins minuscules  dont la grande histoire ne parle jamais.  “Dieu était mort, quelque part entre la Saussazet Saint-Michel –de –Maurienne, le 12 décembre 1917, dans le déraillement du train 612 chargé des permissionnaires  rentrant du front italien.  Blaise s’était battu pendant quatre ans, plein de courage, avec une foi naïve en guise de bouclier. Il avait le Sacré-Coeur de Jésus cousu à l’intérieur de sa vareuse. Cette foi l’avait quitté d’un coup en cette nuit de décembre.”  Il n’y a pas que les trains qui déraillent dans l’histoire et ce sont toujours les hommes et les femmes qui trinquent, Sylvie Dubin nous le rappelle avec pudeur.  Les faits historiques sont traités dans leur banalité quotidienne tapissés de sentiments humains, ceux que des hommes, des femmes et des enfants partagèrent  pendant les quatre années de guerre.

   “Vent de boulet”  est un livre profond et attachant  qui retisse les liens  entre ceux qui sacrifièrent leur vie et connurent l’horreur et la génération lointaine de leurs descendants.   On se laisse  entraîner dans le cours de ces récits successifs parfois insolites mais toujours émouvants.   

Archibald PLOOM

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