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LES CONTES DEFAITS d’Oscar LALO :

"Le berger c’était le loup." Le roman d’Oscar Lalo est truffé de petites phrases de ce genre, des phrases qui ouvrent des perspectives effrayantes. D’emblée, l’ambiance vous prend au collet. Vous êtes en plongée et la bouteille d’oxygène est vide.

Le narrateur nous entraîne sur la piste de son enfance. L’histoire se déroule dans un milieu aisé. Des parents adorés mais absents, baby-sitter, mère de ménage, tout est bon pour déléguer leur éducation. Les enfants, ce sont deux frères très soudés et une petite sœur à protéger.

Ils passent toutes leurs vacances dans un home, un endroit chic et cher, une maison familiale tenue par un couple bien sous tous rapports. Ça, c’est la façade. Le couple est doué pour inspirer confiance, l’auteur nous dit « les Ténardiers ne ressemblent jamais aux Ténardiers »

Les parents se fient à la photo du prospectus. Les petits pensionnaires rient, du jus d’orange et des croissants garnissent la table du petit déjeuner. À leur retour ils ont bonne mine.

Mais dans le home, rien ne ressemble à la brochure. La directrice tient les rennes, une dureté sans borne, des règles strictes, d’un autre âge. Et puis, il y a son mari, « L’homme d’enfants » qui se glisse dans le lit des petits garçons, la nuit.

La peur ligote ces petits êtres. Ils forment un groupe englué dans la bave de ces crapauds, ils se sentent coupables par omission et sont liés par le silence.

Sévices, humiliations, interdictions, obligations. Le couple est un échiquier et les enfants sont les pions d’un jeu sadique destiné à démolir les jeunes personnalités.

Le narrateur ne deviendra jamais adulte par crainte d’avoir un jour à dominer des enfants. Il aura toute sa vie l’impression d’évoluer dans un aquarium. Poumons vides, masque vicieux.

C’est terrible. Terrible et superbement écrit. Une écriture piquante, aucune phrase n’est lisse, il y a de quoi s’agripper dans chaque mot. L’énoncé des faits glace le lecteur. Un récit poignant, d’une profondeur abyssale. À ne laisser passer sous aucun prétexte.

Une petite particularité ; l’auteur n’est pas tendre avec son personnage.

Annick FERRANT

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