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SPADA de Bogdan TEODORESCU :

    Un soir d’été, la Mouche,  un rom qui gagne sa vie en jouant au bonneteau sur les marchés de Bucarest est retrouvé égorgé dans une ruelle, assassinat suivi bientôt  d’un second, celui d’ un autre tzigane  au casier judiciaire bien chargé.  Et ce n’est que le début  d’une longue série.  Où l’on découvre que le tueur travaille en orfèvre, portant à ses victimes un seul coup fatal ce qui lui vaut  de devenir  Spada (Le poignard) pour les  médias. Spada ne tue que des roms titulaires d’un casier judiciaire généralement  assez conséquent.  Ici le lecteur croit deviner que ce récit possède toutes les caractéristiques du roman noir  et il faut bien reconnaître  que  la succession des circonstances et le  traitement narratif  inclineraient  à nous  confirmer  cette hypothèse.  Pourtant il n’en est rien.  Bogdan Teodorescu  nous a tendu un véritable  piège  car son récit  est une nasse qui se referme sur le lecteur. Notre écrivain  a été journaliste mais aussi professeur  de marketing politique et électoral  au sein de l’équivalent de l’Ena en Roumanie et c’est un plan machiavélique qu’il a élaboré autour de cette  affaire de meurtres en séries  

     C’est en effet en connaisseur des médias et de la vie politique roumaine qu’il nous propose la peinture d’une société traversée  par  une incroyable  litanie  de contradictions, de cynisme en tous genres et de manipulations politiques.  Teodorescu  se montre d’un réalisme  sans fard.  La société roumaine  est dévoilée  sous une lumière crue  et  l’instrumentalisation  de l’affaire Spada  va  chauffer la population  à blanc l’amenant au bord du conflit ethnique.  Les pires remugles remontent à la surface  et de vieux démons  semblent  retrouver toute l’énergie du passé.

   “Spada” a le mérite de souligner  la fragilité de notre monde et pas seulement  celui d’une Roumanie certes travaillée  par ses contradictions et ses haines ancestrales mais qui constitue ici le prisme d’une société européenne en déliquescence.   En ces temps troublés  il faut lire ce  beau roman  fort bien traduit  par Jean-Louis Courriol.

Archibald PLOOM

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