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EXPOSITION “L’ESPRIT DU BAUHAUS” PARIS 2016-2017 :

     L’école allemande du Bauhaus  ne durera que quatorze années, le temps d’une adolescence, de 1919 à 1933.  Quatorze années où se dessinèrent les contours d’un mouvement mêlant mysticisme et rationalité,  ésotérisme et utopie ; un mouvement qui se développa  autour d’une incroyable expérience de recherche et d’enseignement au sein de l’école de Desau. Le Bauhaus signifie “la maison du bâtir”, de l’allemand “Bau” construction et “Haus” maison, déjà tout un programme en germe dans le nom du mouvement lui-même dont l’existence  coïncide  avec celle de la République de Weimar en Allemagne.

     En 1919 Walter Gropius publie à Weimar le manifeste du Bauhaus. Il écrit  : « Le but final de toute activité plastique est la construction ! Architectes, sculpteurs, peintres ; nous devons tous revenir au travail artisanal, parce qu’il n'y a pas d'art professionnel. Il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan. Voulons, concevons et créons ensemble la nouvelle construction de l’avenir, qui embrassera tout en une seule forme : architecture, art plastique et peinture. » C’est le début d’une incroyable aventure intellectuelle qui vise à concevoir la nouvelle construction de l’avenir, qui embrassera tout en une seule forme.

   L’exposition “L’esprit du Bauhaus” qui se déroule jusqu’au 25 février  au musée des arts décoratifs de Paris  - 107 rue de Rivoli – rend hommage au travail de ces pionniers du design et de l’architecture  qui créèrent  les conditions d’une fusion entre les Beaux Arts et les arts décoratifs  en vue d’abolir les frontières entre les disciplines artistiques.  L’approche du Bauhaus se veut totale : céramique, menuiserie, métal, textile, peinture sur verre, sculpture, peinture murale, théâtre, architecture, photographie  seront envisagés sous la direction de professeurs aux vues parfois totalement opposées mais qui apportèrent leur talent et leur génie  dans la fusion d’un chaos créatif qui dépassait leur seules individualités. 

    Les neuf cents objets et oeuvres exposés à Paris  sont autant de témoignages d’un foisonnement créatif  dont les ondes  franchirent allègrement  les années trente  et continuent aujourd’hui d’influencer les créateurs contemporains.  On reste pantois devant l’approche esthétique de l’école influencée par deux de ses professeurs emblématiques : Paul Klee et Wassily Kandinski  dont les théories et pratiques artistiques  se reflètent dans l’ensemble  des ateliers où ils interviennent  en tant que maîtres de forme au Bauhaus.  L’exposition met en avant le travail chromatique sur les couleurs en particulier le bleu, le jaune et le rouge chères à Kandinsky.

   On ne saurait trop conseiller de compléter le parcours de l’exposition par le remarquable catalogue mis en page graphiquement par Philippe Apeloig et qui permet un approfondissement des thématiques proposées par l’exposition.  On recommandera le remarquable article de Jean Louis Gaillemin qui revient sur l’ésotérisme du Bauhaus et celui de Monique Blanc sur les influences du mouvement et en particulier celle des bâtisseurs de cathédrales. Sans parler évidemment de la précieuse iconographie qui éclaire le catalogue : peintures, motifs de tissus, prospectus, affiches, photographies, plans architecturaux qui nous rappellent  l’extraordinaire fécondité de cette école qui  ne survécut pas à l’accession au pouvoir d’Hitler. Mais les 1250 étudiants qui furent formés par le Bauhaus essaimèrent ensuite à travers le monde.

   On ressort un peu étourdi de cette plongée au coeur de ce moment unique de l’histoire culturelle européenne où  l’expérience du compagnonnage  fut approfondie  dans  un maelstroem d’idées, d’expériences et  de réalisations

  Archibald PLOOM

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