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MORO-SPHINX de Julie ESTEVE :

 Moro-sphinx a divisé notre comité lecture en deux. Deux clans marqués. Les femmes d’un côté et les hommes de l’autre, c’était net. Les femmes, légèrement déconfites mais attisées et les hommes, franchement déconfits et écœurés.

Rien à reprocher à l’écriture, un point d’exaspération supplémentaire pour ces messieurs.

Alors, c’est quoi ce roman qui agace autant les hommes ?

C’est l’histoire de Lola, une jeune beauté qui se métamorphose comme un caméléon. Le jour, elle vit en apnée, cachée dans des vêtements informes et sans éclat. Et la nuit, elle se transforme en bombe. Bimbo au cul atomique, elle donne son corps, comme si elle s’en débarrassait pour un moment et elle exige un dû en échange. Un petit bout du corps de l’autre, un morceau infime. Un ongle. Une rognure d’ongle. Elle garde ses trophées dans un bocal qui se remplit doucement. Ce bocal, c’est son doudou !

Lola est malade. Elle s’est cassé le cœur, un jour et ne s’en est jamais remise.

Un dérapage terrible. Quand le chagrin déborde, il se répand et le trop-plein cherche une issue.

Elle choisit des proies maniables, minables même ! Des hommes faciles à manipuler. Aucun risque de tomber amoureuse.

Elle flirte avec le danger, recherche les émotions fortes, débusque ses proies dans les endroits les plus glauques ; les fêtes foraines, les bars louches. Bref, elle nous fait peur, ou plutôt on a peur pour elle, car elle est attachante Lola. Elle saupoudre ses souffrances de sel, et fait lécher ses plaies par ces hommes, pris au hasard. Certains sont des habitués comme ce cordonnier amoureux fou, à qui elle fait du mal, sciemment. Son voisin Dove est intrigué par ce manège. Lola l’attire.

La Lola de jour et celle de nuit. Il voudrait stabiliser la jeune femme et obtenir un mélange des deux. Lola laisse prendre son cœur, encore une fois. Mais n’a-t-elle pas dérivé trop loin ? Pourra-t-elle s’adapter à la normalité ?

L’héroïne de Julie Estève est déroutante. Le défilé d’images est saisissant. Une succession de couleurs. Ce roman possède un ton dont on se souvient longtemps.

 Annick  FERRANT

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