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MEURTRE AU PONT DU DIABLE de Jean-Baptiste BESTER :

    Du règne de Louis XV. Ce pont de cent vingt pied d’ouverture d’arche, élevé de cent soixante-huit pied au dessus de la rivière, a été construit par les ordres du maréchal d’Asfeld, général des armées du roy, chef de la toison d’or, directeur général des fortification. L’an 1734” C’est l’inscription qu’on peut lire, gravé sur une plaque de bronze scellée au beau milieu  de ce pont  au pied duquel on a retrouvé le corps désarticulé  d’Agnès Ladoucette qui exerçait, avec une gentillesse et un dévouement connu de tous la médecine depuis une vingtaine d’années à  Briançon.

  La chute qu’elle a faite du pont d’Asfeld  ne pouvait que lui être  fatale car  la hauteur de l'ouvrage dépasse les 60 mètres. Pour le commissaire  Pierre Chancel c’est le début d’une enquête compliquée avec peu d’éléments permettant d’identifier  les raisons  de ce décès. Suicide ? Assassinat ?   Agnès Ladoucette était une femme sans histoire, discrète et laborieuse et de surcroît amie de longue date du commissaire.  L’enquête semble  se noyer dans la Durance quand certains  éléments troublants vont finalement finir par la relancer.

   Jean-Baptiste Bester  est un maître du  polar, il faut dire qu’il n’en est pas à son coup d’essai. On ne devient pas un expert dans ce domaine sans un long travail de maturation du style et de la maîtrise du récit,  deux qualités que possède  éminemment Bester.  L’immersion de cette affaire criminelle dans un briançonnais qu’il connait bien est une vraie réussite.  Le lecteur  découvre  des paysages et des atmosphères alpines  qui servent de toile de fond à l’action, c’est pour le coup rafraîchissant.  On appréciera aussi la personnalité du commissaire Chancel qui pratique la méditation zen.  Là aussi dépaysement total à travers cette vieille tradition asiatique qui vient s’inviter dans un roman qui sait conjuguer terroir et exotisme.

  Il est bon parfois que le roman noir se délocalise et quitte les rues de la capitale pour des terres nouvelles.  Bester réussit cette translation avec beaucoup de talent. Les amateurs du genre seront séduits par ce “Meurtre au pont du Diable” qui outre ses qualités narratives nous entraîne dans les profondeurs les plus noires de l’âme humaine.  Un roman à la fois sombre et brillant !

Archibald PLOOM

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