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LES COSMONAUTES NE FONT QUE PASSER d’Elitza GUEORGUIVA :

  On peut être d’origine bulgare, vivre en France depuis une quinzaine d’années et publier un premier roman tout à fait prometteur. “ Les cosmonautes ne font que passer”  examine avec malice et tendresse les transformations que  va subir la Bulgarie au moment de l’effondrement du bloc soviétique.  A travers le regard plein de naïveté d'une petite fille, dont le grand-père est un  communiste pur et dur, le lecteur découvre un monde qui a été englouti depuis déjà deux  décennies. Quand on est un bon communiste de l’Est on rêve même en rouge : on imagine par exemple qu’on est Iouri Gagarine ou Valentina Tereshkova.          

     Mais quand  la démocratie bulgare perd son épithète « populaire » la petite fille va découvrir des glissements surprenants sur le plan idéologique. « Ta grand-mère n’est plus du tout communiste à la grande sidération de ton grand-père  qui, lui, le devient  de plus en plus : l’abîme entre deux est désormais considérable. Tandis qu’il lit régulièrement le journal « Parole », ta grand mère décide de se tourner vers Dieu, devenu de nouveau légal grâce à la démocratie. Elle achète une bible grande et noire pour les adultes et une spéciale pour toi, plus coloré  et simple, que ta mère regarde d’un air désapprobateur, quoique… »   Tout tient dans ce « quoique ».  Elitza Gueorguie parvient à décrire cette transition  avec une bonne dose d’humour.  Huit années où le pays du camarade Jivkov va passer du Coop Cola au Coca Cola,  du communisme à un capitalisme ultra-libéral, du monde des apparatchiks à celui des mafieux.

   L’écrivain parvient  à travers des chapitres courts  et rythmés à reconstituer  l’histoire de cette décennie qui vit les pays communistes perdre un idéal certes bancal et insatisfaisant pour les habits du roi nu. Certaines formules en disent long sur les désillusions de l’époque.  Elitza Gueorguieva nous offre une vision sans concession sur la fin du communisme bulgare  mais la tendresse qui  imprègne  chacune de ses lignes fait de ce roman une œuvre profondément humaniste. 

Archibald PLOOM

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