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SEANCE 15 : LA SOLITUDE :

J’ai ressassé pendant une semaine le sujet de la solitude.

Analysé à rebours ma vie.

Ai-je jamais vécu seule ?

J’ai constaté que je n’avais jamais vécu seule. Est-ce que c’était un handicap ? Est-ce que je serai punie pour cela et devrai-je payer en finissant seule les derniers jours de ma vie ?

Suis-je par conséquent plus vulnérable, moins indépendante, moins adulte ?

Dans cet état d’esprit, je me présentais à elle.

Elle me confirma qu’elle ne jugeait pas, lançait juste un questionnement pour savoir où j’en étais avec la solitude.

Qu’est-ce que j’en savais.

Je la savoure quand je la choisis, cette solitude.

Comme un havre de paix,

Parce qu’elle ne m’est pas imposée, parce qu’elle est limitée dans le temps et que je puis la suspendre selon mon bon vouloir.

C’est une solitude de confort.

Pouvoir être seule seulement quand j’ai  envie de me retrouver seule, quel luxe.

Ce n’est ni imposé, ni subi, ni infligé.

Une solitude contenue dans une vie remplie.

La solitude est nécessaire pour faire le point, pour mesurer le vide et le plein.

La solitude définitive me fait peur.

J’imagine la solitude comme un pont entre deux rives, pour passer d’une étape à une autre, une transition.

Quand l’enfant quitte sa famille, il faudrait une période de solitude avant de s’installer dans une vie à deux.

Cette étape m’a manquée.

D’où cette peur de la solitude que je ressens.

Je vais devoir l’apprivoiser pour ne pas la haïr, si j’y suis confrontée à la fin de ma vie.

Je suis  persuadée que face aux pires moments de sa vie, l’être est seul, il est seul dans les grandes souffrances de la maladie, il est seul dans le deuil.

La différence réside dans le fait qu’il peut sortir de sa solitude pour se rapprocher de l’autre et lui prendre la main.

Mais il ne fera jamais l’économie de cette solitude.

Je me sens forte et faible.

Je sais que j’ai besoin d’être deux, que vivre seule ne serait pas mon choix.

Et que demain si cette solitude venait, je l’emploierais à la vivre.

Je regarde autour de moi.

Il y a un grand nombre de femmes qui vivent seules sans l’avoir choisi.

Elles ne sont pas toutes des emmerdeuses invivables.

Mais elles sentent la peur, et  la peur de la solitude dégagée par ces femmes, fait fuir les hommes de peur que le piège ne se referme sur eux.

ALICIA RAHO (2011)

Lire la séance 16

Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

Relire le feuilleton des séances depuis le début

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