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CABOSSÉ de Benoit PHILIPPON :

   Les récits de cavale ont toujours quelque chose d’exaltant.  Une fuite en avant sans autre but que de sauver sa peau et sa liberté jour après jour.  La cavale est une odyssée où le sens  des réalité  prend une nature  toute particulière et la vie une saveur  soudain plus forte. Dans la cavale tout peut se défaire dans une chambre d’hôtel,  au fond d’une forêt  où sur le bord  d’une départementale. Chacun d’entre nous a rêvé un jour de donner un cours disons un peu plus risqué à son existence mais il faut reconnaître que le roman noir nous évite un dénouement fatal.  Cabossé” de Benoît Philippon rassemble tous les ingrédients de l’équipée sauvage dont la vérité pèse son  lot de cadavres. 

   Raymond possède un physique  ingrat mais il est bâti  comme un taureau. Pugiliste raté, il a tracé  sa vie à coup de poings et est devenu Roy l’homme de main. Sa vie ne vaut pas grand chose mais Roy a un vrai  sens de l’uppercut et il sait faire voler les dents et gicler le sang. A quarante deux ans, il continue à casser la gueule à des salauds. Il officie dans des arrière-boutiques, des terrains vagues et des ruelles lugubres. Vu le milieu où il officie, il a la garantie qu’il rend plutôt service à la société.   

   Tout aurait pu continuer ainsi du côté de Clermont mais  Roy  va rencontrer Guillemette, une fille  un peu fêlée qui va rapidement en pincer pour notre boxeur au grand coeur qui ne distribue pas  que des  droites dans la face des mauvais payeurs.  Entre eux une histoire d’amour se noue, fusionnelle et  enflammée. Malheureusement Roy va croiser Xavier le mari jaloux  de Guillemette et le boxeur n’a pas l’habitude de  courber l’échine.  Xavier va connaître un KO définitif.  Début du road movie…

   Benoît Philippon nous propose un roman qui embarque le lecteur  en Audi TT  dans une fuite en avant sans espoir de retour. Les cadavres s’accumulent et les descriptions hyperréalistes donnent au récit une profondeur saisissante.  Mais Philippon sait aussi instiller une véritable poésie à  une narration qui fonctionne à plein jusqu’au dénouement. Sacrée cavale ! 

Archibald PLOOM

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