Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
LA CONVERSATION COMME MANIERE DE VIVRE d’Ali BENMAKHLOUF :

     Un regard peut suffire, mais rarement. Il faut bien que la conversation s’établisse pour qu’un lien se tisse.  La parole  est justement ce lien qui nous tient . “Nous sommes faits pour le sentir, pour le dire, non pour l’avoir”, rappelle Flaubert, et "dans les solitudes subies comme celle de la vieillesse, c’est des paroles qu’on a besoin” et de leur “tendresse quotidienne”.   C’est de cette tendresse qu’Ali  Benmakhlouf  va nous entretenir dans son passionnant ouvrage “La conversation comme manière de vivre”.  Le philosophe nous entraîne sur les pas de Montaigne à travers la conversation qu’il entretint avec  les grands auteurs  de l’antiquité.   Comme  l’auteur le remarque dès les premières pages  : la conversation tourne autour de ce qu’il y a de plus difficile à appréhender philosophiquement  : le tempérament.  La civilité de la conversation , sans se confondre  aucunement  avec la mollesse, était pour Montaigne une forme de courtoisie et même de justice  en raison de l’équilibre et de la réciprocité qu’elle permet de construire entre les êtres.”  Quand on a pris comme Montaigne l’habitude d’écrire dans les marges les livres lus , on est disposé à l’art de la suggestion. C'est sans doute là que se tient l'une des ressources les plus précieuses de l'art de converser. 

    Montaigne voulait faire passer dans l’écriture le ton de la conversation : “Je parle au papier comme je parle au premier que je rencontre.”  Comme lui Roland Barthes avait un rapport de conversation avec ses lectures. Il s’arrêtait au milieu d’un paragraphe, notait quelque chose, réfléchissait, reprenait, et se laissait aller au cours discontinu de la conversation. Une méthode qui encourage l’esprit à conserver sa vivacité, à chercher son chemin  sans craindre de s’égarer. Mais alors que faut-il éviter dans la conversation?  Montaigne souligne deux écueils majeurs : la dispute dialectique inépuisable et la sottise. Descartes, de son côté, fait de la conversation le modèle pour penser notre rapport au temps passé : “Que la lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés.”  L’auteur du “Discours de la méthode” rendait vivant le livre du passé par la conversation avec l’auteur de ce livre. Lui aussi cheminait  de conserve avec Platon, Aristote ou Saint Augustin. 

   En trois chapitres alertes  et nourris de la meilleure littérature, Ali  Benmakhlouf, nous entraîne  dans cette aventure de la phrase chère à certains écrivains de l’oralité qui cherchèrent à donner vie aux mots. Ceux-là même qui parlèrent au risque du silence, parlèrent pour sauver l’autre,  mais surtout assurèrent  cette fonction vitale de la conversation par laquelle passe  l’échange des mots, mais aussi celui des corps. Un ouvrage captivant de la première à la dernière ligne.

Archibald PLOOM

 

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera alors envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir. La santé du livre dépend de la santé des librairies. 

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter       

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :