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PHILOSOPHIE DE L’EFFORT d’Isabelle QUEVAL :

   Isabelle Queval est philosophe et elle accomplit depuis plusieurs années un remarquable travail sur le corps,  le sport et la performance.  Elle est l’auteur de trois ouvrages  de référence  autour de ces thématiques : “Le corps aujourd’hui”,  “S’accomplir ou se dépasser : Essai sur le sport contemporain” et enfin “ Du souci de soi au sport augmenté”.  Isabelle Queval n’hésite pas à aborder les questions du dopage ou encore de la bioéthique et son approche sort des sentiers battus et des clichés perpétuellement répétés dans les médias. Son nouvel ouvrage, “Philosophie de l’effort”, explore  ce que nous appelons aujourd’hui  “le goût de l’effort” qu’on  en constate  l’exigence ou qu’on en déplore l’absence.  

   La philosophe soulève rapidement les paradoxes qui sont liés à l’idée d’effort : “Chacun pense savoir ce qu’il est, en se référant à son expérience particulière – les efforts produits ont laissé  des “traces” psychologiques ou physiques  et engendré des résultats -, ou a une impression générale, comme on dit parfois “une vie de douleurs” pour qualifier l’adversité constante.”   Elle pointe aussitôt que l’effort est brouillé  par  son usage et par les finalités qu’il sert.  Le premier jalon qu’elle pose tient au fait qu’on ne peut mettre en doute  le lien entre l’effort et  la conscience de soi.  “Faire un effort c’est toujours avoir conscience de faire un effort” . Par conséquent faire un effort c’est exister, ce qui revient à se demander si l’existence  est en soi un effort?

   Isabelle  Queval  montre  que la construction identitaire d’un jeune sportif  est intrinsèquement liée à la motivation pour l’excellence.  C’est un choix qui se fait dans l’enfance et l’activité physique en sera partie prenante, constitutive, toujours dans la nécessité de faire plus.  Son essai est rythmé en trois chapitres : Exister, S’efforcer, S’accomplir.   Queval revient  sur  la question  de la portée morale de l’effort avec, en particulier, son exploitation  dans ce qu’elle présente comme “une économie instrumentale de soi” qui est aujourd’hui largement plébiscitée dans de nombreux domaines et en particulier dans le sport de haut niveau.   Au terme de sa réflexion la philosophe s’interroge sur la notion d’effort dans l’éducation en se demandant quel goût de l’effort il s’agit de transmettre. C’est sans doute la partie la plus intéressante de cette réflexion très exigeante qui explore  la question de l’effort  depuis l’antiquité  jusqu’à l’usage qu’on peut en faire désormais au sein du système éducatif français. 

  Si l’effort est une expérience commune, universellement partagée, sa caractérisation, au terme de cette lecture élucidante, est bien plus complexe  qu’on aurait pu l’imaginer au début de l’ouvrage.  Mais au moment  où l’effort est publicisé, qu’il fait l’objet d’une appréciation morale qui l’associe au mérite et à une idéologie fortement structurée, il est nécessaire de l’interroger afin de reposer les bases d’une écologie personnelle basée  sur une autre manière de vivre la relation que l’on entretient avec soi-même. Un effort nécessaire que chacun devrait entreprendre. 

Archibald PLOOM 

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