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AUX VENTS MAUVAIS d’Elena PIACENTINI :

Désormais tous les amateurs de polars connaissent le commandant de police corse Pierre-Arsène Léoni qui dirige la section homicide de la police judiciaire de Lille. Eléna Piacentini a construit toute son oeuvre littéraire autour de ce personnage  intègre et humaniste qui échappe aux clichés rebattus du roman noir à la française . “Aux vents mauvais” est en effet la septième enquête de Léoni qu’elle publie sans que nous éprouvions la moindre lassitude.  Piacentini est en effet une merveilleuse conteuse qui sait tisser des récits où l’on croise le mal sur les routes tortueuses de la vie et Léoni en scrute chaque carrefour avec toute la prudence d’un chirurgien du cerveau. Rien de la part d’ombre des êtres qu’il croise ne lui échappe mais il conserve  vis à vis de l’âme humaine une indulgence qu’un Montaigne n’aurait pas renié. On se plait donc à le suivre dans des enquêtes où la vérité se manifeste moins souvent que la mort.

  La mort est, en effet, constamment aux avant-postes dans “Aux vents mauvais”. A une encablure de Lille sur la friche industrielle de l’Union coincée entre Roubaix et Tourcoing  sur le chantier du projet de réhabilitation “Urban Harmony” on retrouve  un premier cadavre, celui d’une femme dont on ne sait trop s’il s’agit d’une prostituée où d’une droguée.  C’est le début d’une enquête compliquée dont le point de départ se situe  près d’un demi siècle plus tôt et dont les conséquence vont s’avérer meurtrières au point que Léoni va devoir se contenter, dans les premiers temps, de compter les cadavres.  Il devra s’armer de patience pour reconstituer les fragments d’une affaire qui trouve son origine dans l’océan indien en 1966.

   On retrouve dans “Aux vents mauvais” le décor cher à Piacentini : friches industrielles, villes sinistrées, populations fragilisées par le chômage. Mais l’enquête de Léoni a cette fois des origines très exotiques même si elle trouve son dénouement  dans cette région qui ne s'appelle désormais plus le Nord. Les faits concernent un moment de l’histoire de France tout à fait méconnu - la déportation des orphelins réunionnais -  que l'on croyait définitivement enfoui dans l’inconscient collectif ; l'un de ces éclats du passé qui relève d’une maxime républicaine bien connue : “Quand l’Etat se mêle de notre bonheur, le malheur s’invite…”. Le roman a le mérite, en plus de sa remarquable efficacité narrative, de libérer une mémoire qui était bâillonnée dans les arrières sous sols de la nation française.  N’en disons pas plus, n’éventons pas cette nouvelle enquête de Léoni  qui pour le coup révèle des vérités que le temps n’a pas réussi a effacer.  Vertigineux!

 Archibald PLOOM

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