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LES ANIMAUX de Christian KIEFER :

   On se demande comment Francis Geffard,  qui dirige la collection “Terres d’Amérique” chez Albin Michel,  parvient à révéler autant de jeunes auteurs nord-américains.  C’est lui qui nous a permis de découvrir Dan Chaon, David James Poissant, Louis Erdricht, Holly Goddard Jones et David Treuer et plusieurs dizaines d’autres. Geffard dispose d’au moins trois qualités qui en font un éditeur découvreur de talents : son flair littéraire  le dirige vers des écrivains en devenir quelques années avant qu’ils rencontrent le succès,  son goût pour des écritures fortes et sans concessions,  un amour des récits qui examinent la condition humaine au coeur d’odyssées désespérées où  depuis des villes perdues.  Un travail de fond qui trace le sillon de l’excellence éditoriale au service  de la meilleure littérature américaine.

   Geffard  vient d'ajouter à la longue liste de ses découvertes le nom de Christian Kiefer  dont le roman, “Les animaux”,  vient d’être remarquablement traduit par Mérani Boraso.  Kiefer a travaillé plusieurs versions de ce roman bénéficiant des conseils de Richard Ford, T.C Boyle, Pam Houston , Denis Johnson et T.C Boyle. Inutile de dire que l’écrivain ne s’est pas précipité pour publier reprenant  inlassablement les différentes versions  de  son roman.  Au terme de ce remarquable travail  d’écriture  nous héritons d’une oeuvre profondément noire immergée dans les grands espaces de l’Idaho là où la nature  compte parmi  des plus sauvages de l’Amérique du Nord.

   Le refuge de Bill Reed recueille des animaux sauvages depuis des années, des loups, des rapaces, des pumas et Majer un énorme grizzli.  Bill aime cette activité qu’il partage  avec Grace une vétérinaire avec laquelle  il va se marier.  Son existence est paisible mais son passé ne l’a pas toujours été.  Le retour de Rick son ami d’enfance qui vient de sortir de prison  va  rebattre les cartes  d’une existence qui semblait suivre un cours immuable.  Rick, qui a partagé avec Bill une jeunesse de violence et de délinquance, est le seul à connaître toute son histoire.  Jusqu’où Bill sera-t-il prêt à aller pour préserver cette vie qu’il a construit loin de ses errements de jeunesse?  Comment faire quand toute son existence a été construite sur un mensonge?  Christian Kiefer  remonte le cours  du passé  et  déplace ses pièces  sur le grand échiquier  de la morale, jouant de la psychologie des personnages avec  une acuité qui entraîne le lecteur là où l’ombre s’étend sur les consciences.   Le présent de Bill s’enfonce progressivement dans la profondeur des forêts qui environnent  son refuge. Bill est-il encore maître de son destin?   

  “Le animaux” est un grand roman de la rédemption, l’un de ceux qui associe le lecteur au combat d’un homme avec lui même.  Il y a du Rick Bass chez Kiefer qui sait peindre la nature avec une précision et un sens de la poésie qui n’épargnent aucun sous bois, aucune clairière, reconnaissant chaque essence qui compose le peuple de la forêt.   La densité de ce roman manifeste  une personnalité littéraire  hors du commun, l’un de ces écrivains dont la puissance d’écriture  annonce  une oeuvre  de premier plan. 

Archibald PLOOM 

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