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AVANT QUE NAISSE LA FORÊT de Jérôme CHANTREAU :

Voila un roman qui m’a profondément troublé. Profondément troublé parce que l’action se situe dans la Mayenne (mon département) mais aussi dans mon village (170 habitants) et la forêt décrite par Jérôme ressemble à s’y méprendre à celle qui s’ouvre à 100 mètres de chez moi.

Imaginez... Un roman de la rentrée littéraire qui se déroule dans votre jardin. C’est exactement la sensation que j’ai eue. Sensation qui a bien évidemment altéré ma lecture. Très mal à l’aise. J’ai été très mal à l’aise car Jérôme ne voit pas la Mayenne comme moi. Mon département est comme une belle jeune fille qui ignore ses charmes. Non, Jérôme nous emmène dans une région sombre, mystérieuse, voire lugubre et vicieuse. Alors pour qui n’est pas du coin, ça passe, ça interpelle, ça peut même éveiller la curiosité. Mais moi, ça m’est resté en travers de la gorge. Une gêne inhabituelle m’embarrasse quand je me promène dans « ma forêt »

Je cherche la trace du romancier dans les arbres, j’apostrophe les oiseaux : Vous connaissez Jérôme Chantreau ? En forêt, les sens sont aiguisés, les bruits démultipliés. Tout devient suspect. Sanglier, biche. Il faut rester à l’affut. Ma crainte s’est déplacée maintenant, j’ai peur de rencontrer un sorcier !

Et si d’aventure je croise quelqu’un, il ne faut surtout pas qu’il me dise s'appeler Albert car alors là, je détale.

J’ai interrogé l’auteur sur Facebook. « Oui, j’ai des racines dans la Mayenne », c’est tout ce que j’ai obtenu de Jérôme. J’ai questionné tout le monde. Des gens presque centenaires qui connaissent les ramifications de toutes les familles.

« Non, Jérôme Chantreau, ça ne nous dit rien »

C’est pire que je croyais. J’ai identifié cette fiction comme étant mon lieu de vie ! J’ai suivi de près le roman : Les critiques (bonnes), les ventes (nombreuses), les rencontres (riches), et quatre mois plus tard, je suis enfin prête à en parler.

Albert habite la banlieue parisienne. Sa mère vient de décéder et il revient dans sa propriété familiale pour organiser les obsèques. Peu à peu, la maison et la forêt l’engourdissent et le prennent en otage. Il est incapable de mener sa tâche à bien. Incapable de se défaire de l’urne qui contient les cendres de sa mère. Il retarde le moment, invente des excuses rocambolesques : Il n’a pas trouvé l’ode funéraire idéale !  Son comportement suscite l’étonnement voire l’inquiétude de ses proches.

Petit à petit, le lecteur sombre avec Albert dans une espèce d’errance mystique. La forêt et la maison se resserrent autour du narrateur, ils ne font bientôt plus qu’un. Albert se transforme, il se confond avec les arbres, avec les pierres, avec les animaux. Il dissémine son essence individuelle sur l’ensemble du territoire et même si on n’est pas de la Mayenne, cette lecture nous procure une inquiétude constante car l’écriture de Jérôme Chantreau est vive et envoutante.

Annick FERRANT 

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