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TOUT CE DONT ON REVAIT de François ROUX :

     Justine a vingt-cinq ans et son unique certitude à propos des hommes était que dans leur  majorité  ils se rangeaient dans la catégorie des sombres abrutis.  Son aigreur envers  les hommes  ne constitue  qu’une toute petite partie de sa  colère.  Pourtant elle va tomber éperdument amoureuse d’Alex  mais épousera  finalement son frère Nicolas avec lequel elle aura  deux enfants. Le temps va passer ponctué par des fêtes familiales aigres-douces  où Justine et son père Joseph, un ancien libertaire devenu finalement réactionnaire,  s’affrontent.

Psychologue spécialisée dans les nouvelles dépendances, Justine pourrait  donner l’impression d’être épanouie dans son métier et dans son couple mais en vérité elle n’est pas vraiment satisfaite de sa vie et tandis que sa fille Adèle, étudiante brillante et révoltée, approche de sa majorité, le couple de Justine va traverser une crise  importante  quand Nicolas va perdre son emploi.

   François Roux, après “Le bonheur national brut”,   qui mettait en scène les années Mitterrand, continue son examen romanesque de la société  française avec  ironie et tendresse.  Le couple Justine/Nicolas est emblématique d’une certaine classe moyenne qu’on disait autrefois supérieure mais dont la sociologie mute progressivement.  L’ascenseur social n’offre plus aucune garantie, pire il lui arrive de redescendre parfois vertigineusement sans que personne ne semble pouvoir remédier à cette situation.  Les idéaux sont en berne et le couple n’offre plus aucune garantie. Les êtres sont de plus en plus seuls, isolés  avec l’impression tenace de se dissoudre dans un maelstrom infernal. “Tout ce dont on rêvait”  aborde  ces questions avec une acuité  qui ne laisse guère de place aux illusions et c’est sans doute la force de ce roman  qui  affronte la réalité  du monde d’aujourd’hui, celle du couple, de l’entreprise, de la jeunesse et finalement de la société  toute entière quand l’individu  devient finalement un produit jetable.

   Ce troisième roman  de François Roux l’inscrit dans une filiation balzacienne  qui offre à son lecteur une vision  sans concession de la société française d’aujourd’hui.   Dans un style  qui ne néglige ni la formule qui vise juste ni  le goût  des portraits psychologiques Roux nous rend plus lucide sur les évolutions sociologiques, économiques et intimes  qui s’imposent  aux  êtres depuis  la fin du XXeme siècle.  Un roman à lire absolument au coeur d’une oeuvre qui  va compter. 

 Archibald PLOOM

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